Les petits défauts des gens les rendent plus beaux et plus sincères

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Tout commence par un gros plan sur le visage du jeune garçon, visiblement détaché à en voir son regard vide, ses lèvres aussi pâles que son visage. C'est la voix de fond qui fait tout le travail et, sur un ton pourtant entraînant, dénonce les dérives modernes entre Tinder, la puissance des émoticônes et tous les autres moyens qui dénaturent les relations.

Par suite, un couple prend la place du jeune homme, un couple qui est attiré visiblement davantage par ses écrans que par l'autre. Adieu romantisme, bienvenue solitude éternelle. Le fonctionnement des relations sentimentales est souligné ici comme voué à l'échec car les gens ne trouvent plus de satisfaction.

L'homme se jette dans l'eau avec une tête pâle et inexpressive, cette tête que nous avons facilement devant un écran même pour de grandes émotions car les réseaux sociaux s'interposent entre les échanges, les vrais échanges, et les visages restent marqués par cette inaction.

Alors tout s'enchaîne, ce sont youtube, les photos sur les réseaux sociaux et encore les habitudes modernes qui sont critiquées. Tout le monde en est prisonnier et au final tout le monde fait semblant, en souffre, en même temps, mais pas ensemble.

Enfin c'est le jeune homme qui brise la glace (en l'occurrence son verre), s'échappe de ces habitudes, court vers le monde qu'il peut lui-même découvrir. Et tout finit bien dans le meilleur des mondes avec ses amis qui ont aussi compris la perversité du système et décident de vivre autrement, dans le monde concret et des choses réelles.

Il est important de voir les défauts des autres et de s'en satisfaire, ne pas faire semblant en se cachant derrière les écrans. Ne plus envier les autres, ne plus vivre la vie d'autres, ne plus s'attacher à ceux qui ne seront jamais des proches, pour revenir à l'essentiel. Le réel qui est pourtant si proche.

Ce court-métrage est vraiment extraordinaire dans l'enchaînement des scènes, des phrases, des images et des passages musicaux. Il a beau souligner ce qui a pu être dit un nombre incalculable de fois, je dois avouer qu'il le redit bien. Bien, dans le sens que je n'ai pas décroché un instant de ce court-métrage et qu'il a fait son effet.

En revanche je dois être honnête, c'est vrai, on déprime et on s'en veut de déprimer, on est emprisonnés sur internet etc., mais on s'y plait par habitude. Oui, je suis sur senscritique, oui en parallèle je suis sur facebook, oui je regarde en même temps sur twitter, et oui ça ne s'arrête pas là.

Je crois savoir faire la part des choses et avoir une vie à côté de cela, plus concrète et pied-à-terre, détachée de mon écran, mais après avoir visionné ce court-métrage je vais me permettre de recalculer l'usage que je fais de mon temps.

On y va.

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