Du vu et du revu, teinté de manipulation flagrante et... décrédibilisante.

Avis sur Derrière nos écrans de fumée

Avatar coconutmilk
Critique publiée par le

(critique personnelle datant du 30 janvier 2021)

Je n'en suis qu'aux vingt premières minutes qui semblent déjà vaguement résumer ce que l'on est censés apprendre de la menace sociale qui est, les réseaux sociaux et les géants du web... et Cie.
Si vous êtes terrifiés par ce que vous apprenez, c'est grave. C'est grave dans le sens où vous n'êtes pas censés l'apprendre.
Peut-être apprendrez-vous l'intensité du trafic de données, la façon dont on vous traque, et les buts vicieux et malsains. Évidemment nous ne sommes que des pions, et des pions essentiels au capitalisme.
Bien sûr, les plateformes du type Tiktok, Snapchat voire même Instagram sont l'unes des plus néfastes à la nouvelle génération surtout du point de vue de la perception de soi ; tous ces filtres abrutissent les jeunes, et ne parlons même pas de ces photos retouchées de jolies femmes à la taille de guêpe et au thigh gap immense qui rendent les adolescent.e.s anorexiques, ou alors qui donnent envie de faire de la chirurgie esthétique.

Évidemment, ce ne sont que les grandes lignes. J'imagine que dans ce documentaire, l'on parle également d'à quel point les réseaux sociaux peuvent moduler notre humeur.
J'aimerais en venir au fait que l'on ne devrait pas avoir à faire un documentaire de ce type en 2020, ça devrait être su.
Ce que je trouve presque criminel, quoi que vous en pensiez, c'est de laisser son enfant de sept, huit ou neuf ans avoir un smartphone. Car de nos jours, je pense que la pire des plateformes reste Tiktok. C'est réellement abrutissant. Généralement, lorsque j'avance ce genre de propos, l'on me rétorque que "parfois l'on peut y apprendre des choses" en balbutiant. On peut également apprendre des choses en lisant un livre ou en consultant un article.
D'après moi, la plateforme la plus tolérable reste Youtube, qui peut être une mine d'informations si on l'utilise à bon escient, et pas de manière abrutissante.

Les réseaux sociaux demeurent quelque chose de très important d'après moi, rien que pour pouvoir dénoncer ce type de choses. Cependant, il faut évidemment rester très prudent et éviter de divulguer trop d'informations personnelles, surtout sur Twitter. Il est bien trop facile d'écrire sur Twitter en pensant que ce ne sont que quelques mots. En apprendre sur la personne, je trouve que c'est quelque chose d'assez utile en somme. Seulement, lorsque cela devient personnel, ça devient dangereux : l'on découvre les points faibles de la personne, et ça peut aller très très loin comme vous vous en doutez.

Je ne dis pas que je suis parfaite de ce point de vue-là, au contraire, parfois il est très difficile de se passer des réseaux sociaux pour une question d'égo, ou encore, l'on peut également utiliser les réseaux comme moyen de procrastination.
Il y a quelques années, ça devenait intéressant que de voir toutes les fonctionnalités inédites que pouvaient apporter ces plateformes, mais maintenant, c'est réellement terrifiant. Il faut absolument protéger les jeunes générations de ce fléau. Rien que de consulter son téléphone au réveil, je trouve ça désolant. Toutes ces notifications que vous attendez pouvant flatter votre égo, des petites attentions, des petits messages. Un sms, c'est bien trop simple à envoyer. Mais qui vous écrira des lettres? Qui prendra le temps de le faire? A la place, l'on pourrait vous dire que c'est bien trop chronophage, mais en revanche, regarder des podcasts supposés drôles qui ne vous apprennent absolument rien (ne m'obligez pas à citer McFly &...) , ou peut-être quoi, la vie des célébrités? Ça, on a toujours le temps!

Bref, c'est absolument désolant, et la meilleure des choses c'est la prévention massive. Il devrait y avoir des conférences dans les écoles pas que sur des sujets précis comme le cyberharcèlement (que je ne minimise pas, au contraire), mais aussi sur des choses dont certaines personnes ne se doutent pas, comme ce que j'ai pu vaguement énumérer ci-dessus.
Concernant notre activité sur internet, si l'on veut naviguer sans être à 100% tracés, il existe évidemment de nombreux plugins et des navigateurs adaptés (certainement pas comme Chrome), puis des VPN, proxy, mais je pense que ceux sur le marché ne feront pas (vraiment) l'affaire. J'ai déjà pu expérimenter il y a quelques années de ça de naviguer en tentant d'être le moins susceptible d'être tracée possible ; résultat - qui n'est pas du tout étonnant -, pour ouvrir une page internet quelconque, il m'a fallu plus de cinq minutes. L'on veut ce que l'on veut c'est à vous de choisir désormais, peut-être n'est-ce pas si grave après tout si vos recherches ne sont pas exceptionnelles. Après, l'on peut passer par Tor pour des informations parfois de meilleure qualité comme vous le savez sûrement, mais bon.

En tout cas, pour moi, toutes ces conséquences toxiques sont aussi toxiques que les ondes que génèrent vos appareils. Ceux qui sont électrosensibles le savent, les autres font mine de ne rien savoir, ou de minimiser l'impact que ça a sur notre santé. Oh, mais ce n'est pas réellement prouvé me direz-vous, et l'on n'en parle pas assez... Voyons alors les impacts qu'aura la 5G bientôt (ou dans quelques dizaines d'années) sur notre organisme, toutes ces ondes qui nous traverseront davantage le corps jusqu'à un niveau microscopique, tous ces satellites déployés à une seule fin : l'avènement mondial du capitalisme, disons, complètement connecté.
Ça, c'est un autre débat et un autre sujet pour lequel je me bats activement de mon côté en tentant de répandre l'information au maximum, il faut pouvoir se rendre compte du danger des ondes avant le complet déploiement de la 5G dans le monde. Il faut pouvoir choisir correctement son téléphone afin de minimiser l'impact des ondes sur notre organisme, savoir se loger non loin des antennes-relais. Il y a des causes pour lesquelles à mon goût, l'on ne se bat pas assez.

[EDIT par rapport au texte ci-dessus]

J’ai pu regarder l’intégralité du documentaire, et j’ai un avis maintenant un tantinet différent vis-à-vis des informations qui y sont transmises. Je ne pourrais pas changer d’avis en revanche sur le fait que dans les grandes lignes, ce sont des choses que l’on devrait savoir, mais il est clair que certaines choses sont un peu (pas énormément) approfondies, comme la question de l’algorithme, et du problème éminemment dangereux des fakes news. Je ne parlerai pas plus des techniques de manipulation (qui sont en plus mises en scène via des scènes de ménage causées par l’addiction des jeunes aux réseaux sociaux, de la génération Z ; ce sont des scènes dont le contenu est très hyperbolique, non sans raison), car en réalité ce documentaire nous manipule également - peut-être de manière positive me direz-vous - et je serais d’accord (encore une fois dans les grandes lignes). Le but de ce documentaire n’est pas du tout malsain, au contraire, mais de là à être qualifié de terrifiant, non. Évidemment que toute cette hyperbolisation du problème de l'addiction et de la menace internet que l’on retrouve dans les séquences cinématiques redondantes n’est pas fait pour nous causer du tort, mais au contraire pour nous faire comprendre, seulement je trouve que c’est trop et ça engendre une perte assez conséquente en crédibilité.

Pour en revenir au sujet, ce qui est intéressant c’est le fait que oui, l’on utilise le même terme pour « users » au niveau de la drogue, et au niveau des « Facebook users » ; ça dénote déjà un problème grave. Mais la puissance des algorithmes est étonnante, et est davantage expliquée dans ce documentaire, des choses que l’on sait, mais dont on oublie l’impact conséquent (politique, social, économique…), « un pays peut même en envahir un autre sans avoir à envahir ses frontières » ; la propagande existait avant, certes, mais maintenant la facilité est à son comble!

Ce qui ne m’a pas plu en revanche, ce sont les critiques adressées à certaines croyances qualifiées de complotistes ; dans l’ordre, ils pointent ceux qui pensent que la terre est plate (c’est évidemment légitime de les pointer, je ne dis rien), puis les antivax, et enfin, ceux qui brûlent les antennes 5G. Évidemment, vous connaissez mon avis là-dessus ; mettre le problème de la 5G dans le même lot que les idiots pensant que la terre est plate, c’est une forme de manipulation massive que je ne tolère pas. Soit, passons.
« Comment sortir de la matrice quand on ne sait pas qu’elle existe » ; voici des phrases qui sont censées être apeurantes afin de nous faire prendre conscience. Je ne suis pas réellement contre, mais c’est évidemment à la fin que tout est développé, on fait durer le suspens. Des employés de Google, Facebook, Pinterest et j’en passe nous disent que l’intérêt collectif doit prévaloir sur le reste, un autre pointe les défauts majeurs de Google en disant également qu’il ne veut pas leur faire de mal.

Je ne vois pas grand chose de bien héroïque là-dedans. Je m’attendais à ce que l’on pointe davantage le problème du trafic de données, des problèmes qu'Edward Snowden a pu pointer à ses risques et périls, mais évidemment ils ne prendraient pas cette peine, ce serait trop dangereux pour tout le monde et même interdit de diffusion sur Netflix.
Je pense que le réel problème, c’est que ce documentaire démontre qu’il n’y a en réalité, qu’un seul problème majeur : les algorithmes qui rendent la population entière addicte. Ils pointent ce problème en disant que eux-mêmes - les employés - ne peuvent pas se détacher de leur téléphone et sont pris dans leur propre piège. L'on nous dit également que les IA vont bientôt nous contrôler entièrement sans que l’homme puisse même y faire quoi que ce soit. Je trouve ça très hypocrite de la part de personnes travaillant pour Google activement, ou ayant travaillé et voulant toujours être protégés. Il est clair que l’on ne pourrait pas tout dire dans un documentaire Netflix, il ne faudrait pas du tout passer par le clear web, ce serait aberrant. Seulement, au niveau des informations, je reste frustrée.

Donc ce qu’il faudrait en conclure, c’est que les algorithmes (qui ne sont même pas connus réellement par 95% des employés et des créateurs apparemment), sont la chose la plus dangereuse qui soit pour nous tous. Ils créent des conflits, bientôt des guerres civiles, ils divisent la population en répartissant dans le même temps des fake news (ni les IA ni les algorithmes eux-mêmes ne peuvent faire quoi que ce soit contre ça d’ailleurs).
Cette addiction chez les jeunes développe une dépression généralisée (nul besoin d’expliquer les raisons, je pense qu’elles sont logiques). Ils prennent l’exemple de l’automutilation qui ne cesse d’augmenter (par influence des réseaux sociaux, disons par effet de mode même…).
Et enfin, les employés semblent être tous optimistes en disant que l’on peut changer le fonctionnement des réseaux en changeant les algorithmes et casser ce système, mais je ne suis pas d’accord. Soit l’intégralité du système est brisé, ce qui induit la disparition du capitalisme relié à ce domaine tel qu'on le connaît aujourd’hui, soit l’on fera de légères préventions pour éviter l’addiction aux réseaux sociaux, mais au vu du chiffre d’affaires conséquent des grandes compagnies et des géants du web, il me paraît évident que le changement soudain de l’algorithme leur serait défavorable, depuis quand l’intérêt est général ?

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