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Desperado par cherycok

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Nous allons parler aujourd’hui d’un film que tout le monde connait. D’un film qui a immédiatement acquis un statut de film culte. D’un film qui à lui tout seul résume bien l’état d’esprit de son réalisateur Robert Rodriguez. Nous allons parler aujourd’hui de Desperado (1995), première collaboration du réalisateur avec Antonio Banderas avec qui il tournera par la suite Desperado 2 et la saga des Spy Kids. Un film de vengeance comme il y en a eu des centaines, mais qui pourtant se démarque immédiatement des autres par une ambiance particulière et un ton unique. Sorte d’heroic bloodshed (les amateurs de peloches HK comprendront) à la sauce western, Desperado n’a pas pris une ride 25 ans après et le revoir procure encore ce plaisir complètement régressif de voir Banderas, un flingue dans chaque main, dégommer du chicano à la chaine.

En 1992 sort El Mariachi, premier film de Robert Rodriguez (après 2 courts métrages) qu’il met en boite avec la modique somme de 7000$US. Le film est un succès et il n’en faut pas plus pour que le réalisateur, après avoir pondu un sympathique Roadracers (1995) pour la télé, se voit confier un budget de 7M$US pour réaliser une suite. D’abord intitulée El Pistolero, elle sortira finalement en 1995 sous le titre que tout le monde connait, Desperado. L’histoire se déroule après les évènements tragiques du premier film. C’est Antonio Banderas qui reprend le rôle du mariachi à la place de Carlos Gallardo pour le premier film, mais ce dernier aura malgré tout un petit rôle dans le film. En face de lui, pour l’atout beauté, c’est la superbe Salma Hayek (Une Nuit en Enfer, Traffic, Frida) qui est choisie, même si Jennifer Lopez fût un temps pressentie pour le rôle. A leurs côtés, tout le tas de têtes plus ou moins connues telles que Steve Buscemi (Fargo, Reservoir Dogs), Cheech Marin (Une Nuit en Enfer, Spy Kids), Danny Trejo (Machete, Une Nuit en Enfer) ou encore Quentin Tarantino himself venu faire le couillon sur le premier film de son pote Robert.
Desperado nous raconte une histoire de vengeance. Le premier volet de la trilogie, El Mariachi, se terminait avec le meurtre de la petite amie du héros, ce dernier prenant en plus une balle lui traversant la main. Desperado lui fait donc suite. Notre Mariachi, avec tout un arsenal caché dans son étui de guitare, va partir à la recherche de Bucho, le meurtrier de sa défunte compagne, dans la petite ville de Santa Cecilia au Mexique. Aidé de son ami Buscemi, il va essayer de trouver sa planque et devoir affronter de nombreux hommes de mains. Et partout où il passe, les cadavres s’entassent…

Desperado est un western moderne dont le scénario ne brille clairement pas par son originalité. C’est du vu et revu, et Robert Rodriguez ne va jamais chercher à proposer autre chose que ce postulat de départ. Il va par contre énormément soigner son ambiance, son score musical, sa mise en scène, en s’inspirant par exemple du cinéma de John Woo pour les scènes d’action, et le résultat est excellent. Tout est recherché, rien n’est laissé au hasard. La musique a une place prépondérante dans Desperado. Elle est omniprésente, sachant se faire discrète quand il le faut, ou sert carrément certaines scènes (lorsqu’il apprend la guitare au petit garçon). La réalisation de Rodriguez est dans son ensemble excellente et va parfaitement coller à l’ambiance qu’il cherche à mettre en place. La photographie chaude, cette chaleur humide qu’on ressent à chaque instant, ces têtes de chicanos à chaque coin de rue, … on a réellement cette impression d’être en plein Mexique. Le casting est tout bonnement excellent jusque dans les seconds rôles. Les monologues de Steve Buscemi, dans un premier temps, et celui de Quentin Tarantino sont superbement écrits et, de manière générale, les dialogues valent leur pesant de cacahuètes. Car le film n’en oublie pas de distiller des pointes d’humour un peu partout, un humour décalé, parfois noir, mais surtout très efficace et ce jusque dans la mise en scène des scènes d’action, sans doute un des gros atouts du film. Ces scènes d’action ont un côté extrêmement jouissif. Ça canarde dans tous les sens façon John Woo, c’est ultra généreux, mais surtout les cadrages ingénieux et le montage subtil sont d’excellente facture, donnant un côté parfois délirant aux échanges de coups de feu et autres amabilités. Robert Rodriguez n’abuse pas d’effets de style à tout va, et les quelques-uns qu’il place, avec parcimonie, ont toujours un intérêt de mise en scène, soit juste visuel, soit pour souligner quelque chose de bien précis (qui se passerait en arrière-plan par exemple). Rodriguez réussit pour son premier film ce que certains n’arrivent jamais à trouver pour des scènes d’action : une parfaite harmonie entre montage, puissance visuelle, et bande son.

Sorte de western moderne lorgnant du côté de l’heroic bloodshed, Desperado fait partie du haut du panier de la filmographie de Robert Rodriguez. L’action y est excellente, l’ambiance également, la mise en scène est soignée, et la BO vraiment du plus bel effet. Un très bon divertissement.

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