Soweto be or not to be

Avis sur District 9

Avatar Mike Öpuvty
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Je vais commencer par les points positifs : le découpage est sérieux et plutôt inventif ( intervention de caméras de sécurités, d'interviews... ) et quand le besoin s'en fait sentir laisse place au gigantisme de l'action plutôt que de "mimer" une situation difficile à la Paul Greengrass de merde.


Celui qui joue le héros est assez génial, parce qu'au début avec sa tête de geek et la raie sur le côté de premier de la classe, je n'aurais jamais misé sur lui pour être le héros récalcitrant d'un film de SF sévèrement burné avec de la mutation et des mechas dedans. Et finalement, oui, il s'en sort avec les honneurs.


La fable sur l'immigration clandestine, la misère de Soweto, la militarisation de la moindre affaire humaine est reçue 5/5. Je dirais même plus, elle tend à excuser les points négatifs qui vont suivre.


Le premier, pas des moindres, est présent sur la totalité du film : il est absolument impossible de s'engager émotionnellement... Et je dis bien "la totalité ". Pour suivre le semblant d'intrigue qui nous est livrée, il est impératif d'accepter les poncifs du genre vus et revus mille fois par an au cours de notre existence.

En vrac, l'antihéros est un salopard, mais l'expérience l'amène à réévaluer ses positions. Le colonel est méchant PARCE QUE. On ne fait surtout pas subir de test médico-bacterio-virolo-whatchamacallit-ologique au type qui s'est fait asperger d'une substance alien en plein dans les naseaux. Quand on a localisé un fugitif grâce à son téléphone on attend le lendemain matin pour VRAIMENT le chercher. L'humain et l'alien vont devenir amis...

J'en ai plein d'autres, mais la pléthore ne ferait que vous assommer.


Car en fait, au final Neill Blomkamp ne fait que changer la forme. Dans le fond on a déjà tout vu ce qu'il y a dans ce film. Ça en fait une espèce de fourre-tout jouissif, à la 5é Element ou même osons-le dire Matrix, à la différence que les enjeux extérieurs au film ( cités deux paragraphes plus haut ) sont bien plus nobles et mieux traités.

Parmi les influences notoires, on a parfois cité Cloverfield, La Mouche et La Haine, je m'empresse d'y ajouter Enemy Mine, Les Fils de l'Homme et Sakura TaiSen.

Le deuxième défaut est le traitement manifestement par-dessus-la-jambe de l'aspect science-fiction. Quand je revois une affiche du film ou l'on apprend que " jamais un récit de science-fiction n'a semblé aussi réel " je me dis... OK on va tester.


Alors le vaisseau tient là haut en totale déperdition pendant 20 ans et les pauvres aliens sont restés dedans à rien foutre alors qu'à la fin tout ce qu'il lui fallait c'est 50cl de.... De quoi au juste ? Faisons une pause, les mecs galèrent 20 ans à trouver du " fluide " et le stockent dans un tube. Quand le héros est aspergé de ce fluide, il se transforme progressivement en alien. Alors c'est quoi le fluide ? Du carburant, vraiment ? Alors les aliens roulent au sperme ??


Bref, les humains les sortent de là et les laissent vivre comme des merdes et on apprend que des nigérians... DES NIGERIANS sont venus, guidés par un leader ridicule qui veut les manger pour avoir le droit d'utiliser leurs armes sur-puissantes qu'eux même n'utilisent pas, car ils préfèrent les échanger contre de la bouffe pour chat.


Ça donne le tournis tellement c'est con.

Bref, si vous aimez ce film, ne venez pas me soutenir que c'est parce que c'est le meilleur film de science-fiction depuis Pitch Black, parce que ça va mal aller.
 Je préfère y voir une tentative fun de bousculer la forme narrative des blockbusters de l'été qu'un véritable film d'auteur intelligent qui se trouve avoir des aliens et des mechas en son sein.


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