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Dix verges hantent ces lignes...

Avis sur Divergente

Avatar real_folk_blues
Critique publiée par le

Ça fait un moment que j’ai pas ouvert ma gueule par ici. J’aurais pu faire un come back de poète en disant de bien belles choses sur Moonrise Kingdom, vu récemment ; mais non.

Fallait que ça pète.

Divergente, c’est juste le film dystopique (étouffement) qui ferait passer les adaptations de Hunger Games pour du cinéma punk. C’est juste une série de postulats crétins dont la liste est déjà trop éreintante à tenir au bout de deux minutes.

Nous sommes dans le futur.

Imaginez un tas de niais habillés comme des néo-motards avec des tatouages en forme de traces de pneu dont Jai Courtney est l’un des leaders. Ils courent partout, sont complètement irresponsables, impulsifs, sautent de ou montent à bord de trains en marche, se mettent sur la gueule sans aucun esprit de groupe et chient la porte ouverte dans des dortoirs mixtes et insalubres.

Ça, c’est la police du futur.

On nous pète vaguement à l’oreille entre deux rots qu’elle est là pour protéger les habitants de néo [insérer nom de ville américaine] desséchée par la guerre, retranchée derrière une ceinture d’antenne de réseau de téléphonie mobile.

Protéger de quoi, de qui ? Parle à ma main. Si je peux me permettre une suggestion, il faudrait protéger la population de sa propre police à ce niveau là. Ça tombe bien ça se vérifiera, mais pas pour les raisons les plus évidentes.

Avant de vous en dire plus sachez que quoi que vous en diront les fanatiques de moins de 14 ans, il ne se passe absolument rien, tant sur le plan intellectuel qu’émotionnel, qui puisse justifier lorsque l’on a déjà eu droit à toutes les franchises écrites à la cyprine du moment (Twilight, Sublimes Créatures et autre Hunger Games) que l’on s’inflige en connaissance de cause et/ou sans promesse de récompense coquine ultérieure par madame les deux heures et dix huit minutes de vide intersidéral et sans fond que constitue le dernier Burger en date ; indigeste, cela va de soi.

Nous sommes dans le futur dystopique, au fait. Même si machine se balade avec un brushing de soap sur fond de musique darko-sad guimauve .

Donc, si on essaie de faire fi de l’amourette entre l’héroïne qu’elle trop forte et fragile et le ténébreux numéro 4 sorti du placard qu’il est trop rebelle mais gentil et qu’il va montrer ses pores à un moment donné ; il est question d’humanité divisée en cinq factions qu’elle a pas le choix pour son bien mais qu’elle a le choix en fait (soupçon de totalitarisme).

En clair, pour trier les gens on leur fait passer des tests pour savoir à quelle faction ils appartiennent, mais ils peuvent choisir quand même à quelle faction ils appartiennent en fait (c'est une société totalitarée).

CQFD : le déterminisme libre.

Alors, ça donne les neo-motards borderlines (les « Audacieux » ; la police), les cosplayers de Hunger Games (les « Altruistes », habillés comme des juifs des années 40), les coincés du cul (les « Érudits ») désespérément portés à bout de bras par Winslet, les faux-culs invisibles (les « Sincères » censés représenter la justice…) et les bouseux teufeurs (les « Fraternels ») que les connards borderlines cités plus haut surveillent pendant qu’ils bossent dans les champs pour les protéger d’un danger dont on ne saura finalement jamais rien (je suis sûr qu'en fait les teufeurs se chient dessus de voir que les autres les observent...). Admirez au passage l’effort de style pour le choix des noms des différents composants de cette formidable peinture de société dystopique post-apo neo-romantique after-punk.

Et tout ça c’est grosso merdo toute la substance de la chose.

Entre compositings grossiers, fonds verts de rage et costumes faux chiés se glisse la construction indigente d’un univers dystopique sans aucune cohérence ni pertinence dont les trous béants se retrouvent bouchés à la truelle par une love story à baver des fraises tagada par l’arrière ; archétype calqué sur la structure d’un Twilight vomissant sur les lendemain de fête d’un Hunger Games.

Rien. Il ne se passe rien. Rien qui ne pourrait tenir sur la première moitié d’un épisode de Defiance ; ce qui veut bien dire ce que cela veut dire. Et en deux heures dix huit minutes d’une telle punition, on a réellement l’impression que dix verges entrent.

C’est la nouvelle saga, qu’ils disent… pompée d’un livre…

Fahrenheit 451 serait donc une utopie.

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