Le Twilight de la SF qui diverge ("Et dix verges c'est énorme...")

Avis sur Divergente

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Critique publiée par le

Coucou !
Tu es une jeune fille entre 14 et 19 ans : ce film est fait pour toi.
Pour les autres tranches d'âge, ça va être plus difficile…

Nous sommes dans un monde "futuriste" à Chicago.
Les gens sont divisés en factions : Les Larbins, Les Politicards, les Grandes-Gueules, Les Paysans, Les Yamakasis et enfin les Clodos .
Il y a aussi une 7eme faction secrète, "les Coiffeurs", dont le but premier est d'entretenir les coupes de cheveux de tout le monde mais ça le film n'en parle pas.

Bref, un monde pas caricatural pour un sou où les inégalités sont tellement flagrantes qu'on se demande comment tout le monde fait pour se supporter sans qu'une révolution pète tous les quatre matins.
Tiens ça me rappelle l'histoire d'"Hung…"…

Mais admettons…

Au-delà de l'histoire tellement prévisible et de ses "rebondissements" qui ne surprennent personne, le film aurait pu être intéressant si le parcours de l'héroïne Béatrice (alias "Tris") avait comporté un minimum d'enjeux.

Serait-t'elle une sorte d'Elue ?
Va t-on nous raconter l'histoire d'un personnage original ayant un réel impact sur son monde ?
Euh…. Pas vraiment.

Il faut savoir que dans le futur, la notion de conseil d'orientation a bien changé.
A 16 ans (l'âge de Tris), tout jeune est en âge de choisir sa faction.
Ainsi lors d'un examen médical pris en charge par une junkie toute propre (Maggie Q), les jeunes se voient injectés un sérum leur offrant un trip hallucinogène censé leur apporter l'illumination et leur permettre de définir quelle faction leur convient le mieux .
Or le test de Tris lui révèle qu'elle n'appartient à aucune caste précise : Elle est "divergente".

"Ah tout de même" me direz-vous !
"L'héroïne a quelque chose en plus : c'est une Divergente" !
Sauf que non…
Car on apprend que d'autres Divergents existent et qu'ils sont en permanence recherchés par les autorités.
"Bon très bien, mais alors peut-être Tris est-elle une Divergente particulière" ?

Non, non… Même pas.
La seule différence entre Tris et les autres Divergents est que "Madame Tris" a toujours quelqu'un de son entourage prêt à l'empêcher de faire une connerie ou prêt à se sacrifier pour elle.
Aucun enjeux je vous dis…
En attendant, Tris choisit la faction des Yamakasis : la faction "cool" des jeunes qui font du Parkour, se font des tatouages, le tout habillés en cuir noir et rouge sang.

C'est sûr que niveau mode, difficile de pas avoir l'air cool quand les autres factions sont vêtues de guenilles…

Qui alors pourrait bien apporter un "plus" à cette histoire déjà creuse ?
Il y a bien "Quatre" alias Tobias : ce jeune instructeur, beau, froid et tellement torturé qu'on aurait envie de l'appeler Edward.
Passés ces faux airs de méchant et de James Franco, ce dernier se lie d'affection pour Tris.

Malheureusement le pouvoir des hormones est plus fort que tout, et chaque plan entre Tris et Tobias est une ode au premier flirt adolescent.
Faites l'expérience chez vous : Coupez le son, collez-y du Justin Bieber par dessus et vous avez un clip de cette idole pour jeunes filles en fleurs.
Les regards langoureux, une main posée sur une hanche, les "J'ai besoin de temps/Je comprends", Etc.

Je suis pour ma part assez fleur bleue, mais là les choses sont tellement appuyées visuellement que ça en devient gênant et ridicule.
J'en viendrais presque à regretter la subtilité des pubs pour les produits laitiers de 1998 ("Des sensations pures"), mais je m'égare…

D'ailleurs, alors que toutes les nouvelles recrues se démerdent comme elles peuvent dans ce monde de brute, personne ne s'offusque que l'instructeur censé être impartial aide/tripote une des jeunes débutantes.
Je rappelle que Tris est censé avoir 16 ans et que Tobias, alors qu'il n'en a que 18 dans le livre, est ici âgé de 24 ans.
Ce qui devait probablement marcher dans le bouquin devient presque du détournement de mineur dans le film.

Blablabla, c'est le futur, le gouvernement a changé, j'imagine que tout est normal…

Bon, je vous la fait courte : Bella et Edward… Euh…
Tris et Tobias font du Paintball, escaladent des grandes roues, s'entrainent et tombent amoureux.
Pendant ce temps-là les personnages secondaires peinent à exister et ne semblent apparaître que pour servir celle de Tris.

Et c'est là que le bât blesse : alors que la saga littéraire s'étale sur plusieurs volets traitant d'un vaste monde, et de personnages cherchant leur place, le film présente une héroïne molle et des protagonistes creux et accessoires, le tout dans un décor fade et dans un monde vide.
Difficile dès lors de qualifier le film de dystopie car il faudrait, pour cela, que le monde existe un minimum.

Côté spectateur, l'empathie est au point mort.
Même les décès de certains personnages font un flop tant ils nous sont étrangers.
La présence de Maggie Q , clairement sous-exploitée, est elle aussi anecdotique mais devrait normalement se justifier dans les volets suivants (à suivre…).
Mentionnons tout de même que Kate Winslet est toujours une superbe actrice.

Au final, beaucoup de bruit pour rien, un traitement insipide qui espérons-le pour la saga, saura se montrer plus imaginatif, plus riche et moins manichéens.

(Et pendant ce temps, les Clodos ne font … toujours rien…)

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