Ça c'est du cinéma.

Avis sur Django Unchained

Avatar Quantum
Critique publiée par le (modifiée le )

Déjà avant de parler du film proprement dit, j’aimerai faire une petite mise au point.
Quand on aime le cinéma, on va voir Tarantino en salle. C'est comme ça. Pour moi ça ne se discute pas. Ses films, bons ou mauvais, qu'on les aime ou pas, perdent 50% de leur intérêt quand on les regarde chez soi sur une télé ou pire, un ordinateur.
Après je dis ça mais vous pouvez toujours attendre une bonne version en téléchargement, ou pourquoi pas attendre masochistiquement le blu-ray, qui vous coûtera stupidement plus cher qu'un siège dans une salle + pop-corn + boisson (il dure quand même près de 3h, il faut s'équiper) et vous verrez malgré tout un bon film.
Ceci dit, Django Unchained n'est pas un bon film. C'est un très bon film.
Un de mes amis en ressortant de la salle m'a envoyé le message suivant: "ça c'est du cinéma".
Et ça c'est du cinéma... c'est exactement ce genre de film. Et le film de genre, c’est le style de Tarantino. Tarantino aime surprendre. Il aime nous emmener là où on ne s’attend pas à aller. Aussi après avoir si souvent effleuré le western dans ces précédents films, il nous propose enfin un… southern !! Un western dans le sud !!!
Ça reste encore entre les dents de certains qui n’ont pas compris et se demandent où on est après une première heure prometteuse de saloon, de villes boueuses, de montagnes enneigées et de bivouacs…
D’autres attendaient un film de vengeance comme ces précédents opus… perdu. Une nouvelle uchronie ou l’on remplacerait les nazis par les méchants esclavagistes… Vengeance, il y aura, mais pour y arriver, il va falloir vraiment pousser le personnage titre à bout et un petit tour de passe-passe, tarantinesque en diable, au travers de son personnage miroir : Christoph Walz.
Car le bon Docteur est notre guide à tous. Guide du spectateur, guide de l’esclave affranchi.
Son rôle est de plus en plus dans l’ombre, tirant de plus en plus les ficelles sans intervenir directement dans l’action jusque sa fin.
Il prend Django et va le diriger comme Tarantino dirige son film.
Il va aller plus loin encore jusqu’à se confondre avec la voix et les yeux du réalisateur.
Quand Django refuse un acte qui lui parait trop cruel, il va le convaincre de le faire pour la bonne marche de l’histoire et du film.
Quand la musique est trop contemporaine par rapport à l’époque du film, il va l’arrêter car elle lui casse les oreilles.
Quand la violence lui parait trop dure, il ferme les yeux et la caméra se détourne.
Et enfin là, quand on pensait que le film allait bizarrement bien finir, en finesse, sans vengeance (ce n’est pas un film de vengeance, on a un but, on touche au but, on n’est pas là pour venger 200 ans d’esclavagisme aux Etats Unis)… et bien là Tarantino sacrifie son fou et lui fait dire en manière d’excuse ; « I couldn’t resist !»
Irrésistible !! Vous croyez quoi ? Qu’on allait repartir tranquillou au soleil couchant ? Que tout le monde y trouverait son compte ? Tous bon joueurs mon vieux Stephen ?
Alors oui Django va se venger… mais il aura fallu que Tarantino et Walz lui fasse une proposition qu’il ne puisse pas refuser pour en arriver là.
Et faut quand même bien le dire… on prend pas mal son pied à le regarder faire non ?
Quand je l'ai regardé partir la dynamite en main, sur son cheval, à cru, je me suis mis à hocher de la tête au rythme de la musique et j’ai eu la surprise de voir dans le plan suivant l’esclave mandigo hocher aussi sa tête au même rythme que moi .
C’est là que j’ai su que Tarantino m’avait eu.

Et c’est là que j’ai repensé à cette phrase : « ça c’est du cinéma » !!

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