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Ma femme a détesté, mon chien aussi

Démarrons tout de même par l'avis défavorable de la part de ma femme.
Ce qu'elle a carrément détesté dans ce film est l'absence TOTALE de décor, qui laisse bien trop de part à l'imagination. Un livre laisse ouvert l'idée que l'on peut se faire d'une image, d'une situation, un film est justement là pour remplir tout cela. Le fait que Lars fasse le choix simpliste de tracer à la craie "bushes" pour représenter des buissons est un pied-de-nez narquois et indécent fait au spectateur. Un film se définit notamment par ses images, ce qui passe au travers d'un décor, lequel est également là pour soutenir à la fois les personnages et la scène.
Le film dure presque trois heures ! Tenir en haleine ou juste assis sur un fauteuil un public sur une telle durée tient plus que de la gageure, c'est du défi, c'en est presque de la provocation, comme si cela ciblait une élite élitiste, à laquelle ma femme considère et ne souhaite pas appartenir. Un peu comme un bobo qui se la raconterait devant un film sur lequel le commun des mortels s'endormirait. Dogville, tout public ? Certainement pas, autant se taper l'anthologie du Seigneur des Anneaux, au moins y'a à la fois le décor et l'accessibilité
Au bout d'une heure, avec toute la patience du monde, elle commençait à osciller entre 9gag, Facebook et le chien qui faisait semblant de dormir juste à côté.

Mon chien a vraiment pas aimé. Il a sorti son poulet pouic-pouic, et franchement ça casse pas mal la profondeur du film quand on entend juste à côté un poulet en plastique faire "BWAAAAAAAH". C'est à peu près là, au bout d'une heure, que j'ai coupé.
Mais bon, le pouic-pouic est rigolo, et mon chien trop meugnon !

Ah, vous vouliez un spoiler ? Bah "troll" !


J'ai même dû couper le film par manque de rêve et de situations oniriques. J'ai mis en remplacement Walter Mitty. (Pour info, elle s'est endormie devant, mais avec une bonne heure de Dogville déjà dans les dents, rien d'étonnant, avec tout le respect que je dois à ce bon film et à Ben Stiller).

Moi ?
J'ai a-do-ré !
Bluffé dès le premier moment par le choix de mise en scène, l'interprétation des acteurs-trices est éblouissant en l'absence de décor et sous la lumière si divinement maîtrisée...
Particulièrement, j'ai eu du mal mais ne pouvait plus me passer de cette caméra en mouvement, qui au départ me semblait amatrice mais m'a véritablement fait entrer "dans" Dogville, comme si j'en étais malencontreusement un des autochtones.
J'ai fini le film pendant qu'elle dormait. Déjà fan du Lars, j'avoue qu'encore une fois j'ai été impressionné.
L'exploitation se détermine dans le film de manière intimiste et sournoise, Lars travaillant plus que largement sur la connaissance que nous avons des faiblesses des personnages, comme s'il souhaitait que l'on pardonne tôt ou tard, faisant de nous des membres d'un jury pas du tout impartial. Un peu comme si nous devions juger quelqu'un qui dans le fond nous est cher. Mais peut-être est-ce nous la personne à juger ?
Je suis d'accord avec ma charmante femme sur le fait que le film ne plaira pas à tout le monde. Lars, on aime, ou on déteste. Je connaissais sans être expert quelques-unes de ses oeuvres suite à de longs débats cinématographiques avec un ami, mais celui-ci a battu de loin l'accessibilité (malgré la longueur, plus de deux heures cinquante au garrot et sans testostérone) par le jeu fantastique des acteurs, sur une mise en scène minimaliste qui - dans le fond - ne fait que les mettre en avant.
Dans mon couple, j'aurais peut-être dû demander au chien de partager. Mais comme ni mon chien ni ma femme n'ont de compte Senscritique, je mets la note de 8. Pas 7 parce que le film est vraiment excellent, mais certainement pas 9 car cela ferait de moi une espèce de bobo qui se touche la nouille devant la moindre mise en scène présentée en plus de trois heures en hongrois sous-titré mandarin.
...
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Mais bon j'ai beaucoup aimé quand même les films de Fritz Lang, Bergman... Merde ! J'suis un bobo qui s'la pète !

Cyssoo
8
Écrit par

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