Fenêtre sur cour

Avis sur Domicile conjugal

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C’est après une période difficile notamment liée à l’échec critique de La Sirène du Mississipi que François Truffaut décide de relancer plus vite que prévu la machine Antoine Doinel. Ainsi, en 1970 – soit seulement deux ans après Baisers volés – le personnage toujours campé par l’excellent Jean-Pierre Léaud nous revient pour le quatrième et avant dernier opus de ses aventures. Pour faire simple, Domicile conjugal fait partie de mes films préférés du réalisateur, il comporte tout ce qui fait ses qualités et parvient à plutôt bien terrer ce que je juge comme ses défauts.

Suite, suggérée par Henri Langlois, de Baisers volés qui se penche sur notre cher Antoine Doinel dans son mariage avec Christine, toujours jouée par la charmante Claude Jade, qui enseigne le violon tandis que son original de mari travaille dans la cour de leur immeuble à la teinture de fleurs pour parvenir au rouge absolu. Confronté à l’échec, Antoine doit se rabattre sur un poste dans une compagnie américaine où il travaille sur des maquettes de bateaux (un emploi faisant penser à celui du personnage de Gérard Depardieu dans La Femme d’à côté). Dans le même temps, le couple parvient à avoir un enfant que le père fait inscrire comme Alphonse Doinel en dépit de la volonté de Christine. À cet accroc s’ajoute la relation extra-conjugale d’Antoine avec une jeune japonaise qu’il a rencontré sur son lieu de travail, ce qui finira par mener à la séparation du couple que l’on verra s’achever dans L’Amour en fuite.

Cet épisode parvient donc à se montrer drôle grâce à sa palette de personnages attachants, ceux de la cour de l’immeuble (en réalité, celle de la société de production de Truffaut, où il a décidé de tourner son film) qui donne l’impression que ces Parisiens vivent dans une sorte de village où les personnages se croisent sans cesse, celui – soi-disant ami d’Antoine – qui demande sans cesse à ce qu’on lui prête de l’argent, ou encore les parents de Christine dont l’homme fréquente la même maison de filles de joie que son futur ex-beau-fils. Enfin, sur le plan formel, les aspects maladroits de la mise en scène de Truffaut sont éludés pour laisser place à une ambiance légère seyant très bien au propos du film. Une œuvre à la hauteur de la réputation du réalisateur en somme.

Mon cycle François Truffaut :
https://www.senscritique.com/liste/Cycle_Francois_TRUFFAUT/1753098

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