Crise de foie

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Avatar Chibro_de_fuego
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Mon dieu mon dieu...

Pourquoi est-ce que le cinéma français, qui avait une certaine indépendance, un vrai style, que ce soit celui des années 30, 40, 50, la nouvelle vague (même si je ne suis pas un grand fan) est-il devenu insipide, on-veut-faire-un-peu-de-blé-donc-on-américanise-mais-on-fait-pire ?
Je n'arrive pas à dater précisément le moment de la chute, peut-être les années 90 avec l'arrivée d'internet et l'achèvement de la mainmise de l'oncle Sam sur le divertissement en général.
Bref, parlons du film.
Je suis d'accord avec la critique qui a mis 1, ça commence pas trop mal. On sent tout de même dès le début qu'on va avoir droit à des tonnes de mélasse de bons sentiments mâtinés de dialogues faussement "réalistes" (gros mots, expressions orales du quotidien). Sauf que ça ne l'est pas du tout, réaliste, car dans la vraie vie on ne dit pas "purée" à 14 ans. À 7 ou 8, je veux bien. Mais à 14 ans on dit putain, merde, fais chier, ça me casse les couilles, je m'en bats les steaks. On ne dit pas à son enfant qui rentre miraculeusement d'un tél périple et s'effondre à l'arrivée, "ça va mon chéri ?". On ne dit pas à ce même enfant qui se réveille à l'hôpital "mon chéri, tu as dormi 20 heures, tu étais tellement déshydraté, regarde on t'as intubé" avec un sourire mielleux. Non. Alors soit on fait du cinéma à l'ancienne et on soigne les dialogues pour qu'ils soient un peu plus proches d'une pièce de théâtre, soit on fait du cinéma réaliste et on fait dire aux personnages des choses que l'on dit vraiment dans la réalité. Déja, catastrophe au niveau des dialogues.
Je ne parlerai pas de la prestations abyssale de Doutey qui ressemble à une vulgaire pétasse bobo qui passe ses vacances au Cap Ferret.
Le pauvre Jean-Paul Rouve, que je n'ai jamais trouvé très bon d'ailleurs, après tout c'est surtout un homme de scène et de sketchs, à la rigueur il aurait du tenter le théâtre, n'est pas fait pour le cinéma, ou alors très comique populo genre les Tuches, mais est-ce du cinéma ? Bref le pauvre Jean-Paul tente, en vain, d'amener un peu de passion et de réalisme dans son personnage passionné par les oies. Car après tout, c'est bien des oies dont il s'agit non ? Alors pourquoi gaver le spectateur de guimauve très très médiocre tout au long du film, rappelant d'ailleurs, c'est un comble, la façon dont celles qui auraient dû être les principales protagonistes de l'histoire sont gavées de grain pour être ensuite dépossédées de leur foie malade, qui servira ensuite à gaver leurs amis humains à Noël et rendre leur propre foie malade.
C'est un parallèle d'autant plus cruel qu'il est involontaire...
Ensuite il y a le gamin, avec sa coiffure de Bee Gees, qui n'est vraiment pas crédible une seconde quelque soit la situation. Ils auraient pu prendre un garçon un peu plus sauvage, un peu plus brut. Mais le pauvre n'est pas aidé par ses dialogues, quel horreur mais vraiment quelle horreur de briser toute chance pour un enfant acteur de pouvoir réaliser une bonne performance en lui imposant un texte aussi NUL !
Ensuite il y a le personnage du petit ami de la mère qui ne sert absolument à rien. Mais alors à rien du tout. On ne pouvait pas économiser de la pellicule ? Mais non malheureux ! Car le vrai sujet du film, c'est bel et bien le rabibochage des parents du garçon autour de leur petit enfant incroyable, si mignon, si gentil, si courageux, qu'ils ont cru perdre... mais attendez, au début ce n'était pas censé être un sale gosse comme un autre, enfin un ado quoi, qui passe son temps sur les écrans et marmonne des propos hostiles dans son duvet naissant ? Il a vite évolué le gamin. En même temps, le choix de l'acteur réussit ce prodige : Il n'est ni crédible en ado attardé car il n'y a pas une once de rebelle en lui, ni crédible en aventurier en herbe car il est doux comme un agneau, il a une tête à ne pas manger des épinards car c'est vert et ça pue, alors survivre tout seul en milieu sauvage par -15° la nuit et en bouffant des asticots...
Bref, au lieu de faire un film honteusement mauvais avec un sujet si joli, si plein de potentiel - tiré d'une histoire vraie en plus - il aurait mieux valu se rapprocher d'un docu-fiction zoomant sur les oies et avec à la rigueur un petit focus sur l'humain en laissant de côté le mélo familial avec le père un peu cinglé, la mère bobo-hystéro, le beau-père plante-verte et la relation entre eux qui ne nous regarde pas et dont on a pas du tout, mais alors pas du tout envie de connaitre les tenants et aboutissants.
On se doute bien que ses parents sont inquiets, qu'ils vont le chercher ! Merci, circulez y a rien à voir. C'est le périple des oies et celui du garçon, formant un parallèle hors du commun et émouvant, qu'il fallait mettre en valeur ! Et même pendant ces séquences de périple, les invraisemblances ras-des-pâquerettes nous clouent au sol : Un ULM qui monte en chandelle au-dessus des nuages... - ce n'est pas un F-14 bordel ! - Les pêcheurs du port qui voient un gamin au bord de la syncope amerrir en ULM et qui le laissent repartir sans rien dire, en lui filant juste du gasoil et des barres de chocolat... même pas un thé chaud ? C'est généreux l'UE... même pas un petit coup de fil au SAMU ou aux condés ?
Monsieur Vanier, vous êtes mauvais. Vous avez pris un beau sujet qui sent bon et trouvé le moyen de le transformer en bouse malodorante. Arrêtez-vous là pour le bien tous, je vous le demande à genoux.

Je mets 2 et pas 1 - ou 0... - car les oies semblent tellement plus belles et attachantes que les acteurs qui composent dans ce film que le réalisateur nous donne bien malgré lui une leçon de réflexion...

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