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Why are you wearing that stupid man suit?

Avis sur Donnie Darko

Avatar gallu
Critique publiée par le

Donnie Darko est un film intéressant pour son mélange des codes fantastiques et comiques : c'est à la fois un film onirique, « d'horreur », plus précisément « d'étrange », et un teen movie aux dialogues ciselés (la mémorable tirade sur les Schtroumpfs). Le film est porté par l'excellent Jake Gyllenhaal qui pour son premier grand rôle incarne parfaitement la figure adolescente de Donnie, avec ses grimaces mi blasées mi diaboliques. Le film est sans arrêt sur le fil ; son contenu n'est-il que le produit de l'imagination délirante du personnage principal, malade mental ? On ne nous donne pas franchement de solution.

Le film est intéressant également pour le portrait qu'il dresse du système éducatif américain, permettant toutes les dérives communautaires en laissant beaucoup du pouvoir prescriptif aux autorités locales. Le lycée présenté dans Donnie Darko, typique des bons établissements WASP américains, est sous la coupe d'un coach de vie charlatan (je sais, c'est redondant) comme il en existe des milliers aux USA. S'affrontent, parmi les professeurs, deux axes idéologiques, les pédagogues poussant leurs élèves à l'esprit critique (Drew Barrymore et Noah Wyle), face à la figure caricaturale du conservatisme facilement subjugué par une idéologie sectaire (Kitty Farmer). Cette opposition binaire jusqu'au comique pourrait agaçer par sa simplicité, si elle ne défendait pas une posture bien précise, incarnée par le personnage principal Donnie, celle de l'esprit critique. Car, malgré ses bizarreries, Donnie est un modèle de rationalité ; quand il s'oppose à un adulte, il ne le fait pas comme un adolescent impoli et poseur mais comme un bon rhéteur, par le logos. C'est ce qui différencie Donnie Darko de beaucoup d'autres films « rebelles » de l'époque (Fight Club, American Beauty) ; le héros ne se construit pas d'esthétique frimeuse, il est un commentateur rationnel de son environnement. Il est intéressant de constater que malgré cette rationalité, qui est dans nos société un modèle de comportement et qui nous fait nous identifier à Donnie, ce personnage central est tout de même « le » déviant de sa communauté, qui semble toute entière plongée dans l'indolence silencieuse.

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