Darko & the Bunnyman

Avis sur Donnie Darko

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C'est marrant de voir à quel point l'image du lapin se trouve aussi souvent utilisée pour incarner le mystère, notamment dans certains de ces films dits "mindfuck". Une présence faisant peut-être référence à l'expression "baiser comme des lapins" ? Qui s'appuierait donc sur nos pulsions sexuelles refoulées par la Culture en opposition à la Nature, et engendrerait certains traumatismes psychiatriques, comme pour notre héros, Donald Darko...
OK, je ne suis pas là pour vous prendre la tête avec les idées de ce vieux Sigmund, même si le premier film de Richard Kelly y parvient allègrement - dans le bon sens du terme. Alors pourquoi une telle réussite de mon point de vue ?

Tiens, au passage, merci de me rappeler la prochaine fois qu'il existe une version longue de Donnie Darko parce que, même si j'ai comme beaucoup ma petite idée, enfin parlons plutôt de tendance (la théorie des rêves me paraît la plus convaincante), j'aimerais quand même éclaircir certaines zones d'ombres de cette histoire de lapin-pas-du-tout-crétin ma foi bien mystérieuse. Mystérieuse mais tellement miraculeuse dans son genre, à l'image d'un Mulholland Drive ou d'un Lost Highway, grâce entre autres à une foultitude de détails et d'indices disséminés çà et là, voire même de clins d'oeil, qui en font pour moi un plaisir renouvelé à chaque visionnage.

Mais ses autres grandes qualités s'avèrent évidemment très nombreuses. Prenez l'intro, déjà bien space, le Killing Moon de Echo & the Bunnymen annonce d'office la bande originale exceptionnelle qui le sera. Notez d'ailleurs que le nom du groupe des 80's est on ne peut plus approprié à ce qui nous attend. :)

  1. Where is Donnie ? Lira-t-on sur le frigo familial. Et Dieu sait si ce frigo nous suggèrera de nombreuses pistes. Bah, le jeune Donnie, il traîne des basks à l'intérieur de son (plus très) propre cerveau supérieurement intelligent, paraît-il atteint de schizophrénie paranoïaque, avec somnambulisme à la clé et un tas de médocs bien costauds à ingurgiter...
    Son ami imaginaire, c'est Frank, une sorte de lapin cauchemardesque dont la voix - de mâle dominant - semble lui dicter des actes pour le meilleur et pour le pire, à l'aune de la fin du monde qu'il lui prédit précisément. Mais de quel monde ? Celui d'un réacteur qui lui tombera dessus... Mais maintenant, fini de spoiler.

A l'époque, Jake Gyllenhaal n'était pas le cador actuel ; mais force est de constater qu'il tenait déjà très bien son perso, et notamment ses têtes de psychopathe aussi convaincantes qu'amusantes ! A noter que sa soeur à la ville, Maggie, joue le rôle de... sa soeur. Elle a(vait) aussi quelque chose cette fille. D'ailleurs, l'humour noir sera presque omniprésent (excellent 1er échange entre Donnie et sa future -ou pas- copine).
J'ai trouvé la mise en scène chouette et rythmée, avec notamment ces quelques accélérations liées au thème très présent du (voyage dans le) temps, ou encore ces effets spectraux (les canaux de Dieu lol) plutôt réussis. Ca respire l'envie de faire un film vivant et créatif.
N'oublions pas non plus le gourou de la ligne de vie (Patrick Swayze) et sa plus fidèle adepte, l'instit bigote, qui serviront au réalisateur de punching-balls de la connerie et de l'aveuglement américains. Et quel bonheur également de reconnaître l'arakiesque James Duval dans le rôle du rongeur à grandes oreilles.

En bref, Donnie Darko en impose esthétiquement, amuse, s'amuse, questionne, émeut, mais ce n'est rien en comparaison avec ce qui nous attend dans sa dernière ligne droite absolument dantesque. Il se passe tellement de choses qu'on se perd littéralement la première fois, mais n'empêche qu'on ne demande dès lors plus qu'à revoir le film dans la foulée, parce que quand même, ce dernier twist c'est un truc de malades à en frémir tellement c'est beau et puissant à la fois !

Un long-métrage à voir de préférence en week-end ou en vacances, histoire de ne pas arriver au taf avec une nuit blanche dans les pattes... Parce que franchement, parler d'autant de choses (je n'ai pas parlé d'amour, de sacrifice, de politique, ni même de destinée, etc.) en aussi peu de temps, aussi bien, et avec autant de plaisir communicatif, c'est typiquement ce qui pousse à décrypter ce genre d'oeuvres, et ce même avec ne serait-ce qu'un mince espoir...

Remarquez avec quelle perfidie je ne me suis pas mouillé dans l'interprétation.
Pour ça, j'ai trouvé ce blog : https://cinerama7art.com/2012/06/09/donnie-darko-lexplication-du-final/#comment-29757 - celle de Saidi, très tôt dans les commentaires, me convainc le plus pour le moment...

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