"(...) Your joy will turn to ashes in your mouth. And you will know the debt is paid."

Avis sur Dragon Ball Z : Le Plan d'anéantissement des...

Avatar Ramlladu
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Relativement obscur de part son statut originel de soluce visuelle d'un jeu non moins obscur sorti uniquement au Pays du Soleil Levant sur Famicom, version nippone de la NES, puis adapté sur Playdia, Le plan d'anéantissement des Saiyans, de Shigeyasu Yamauchi (réalisateur de plusieurs films DBZ dont Broly et Fusions, et de films Saint Seiya dont le plus récent Tenkai Hen Joso) est un film au ton assez noir et sufisamment orignal dans son sujet pour occuper une place particulière dans l'univers de Dragon Ball.

Comme dans nombre de shonen, plusieurs "méchants" de Dragon Ball ont pu bénéficier d'une rédemption, en passant dans le camp des gentils, de manière immédiate ou progressive. Malgré de nombreux passages dramatiques à souhait, la légèreté reste de mise dans Dragon Ball Z. Il ne faut pas oublier que Toriyama est à la base un auteur de manga comiques (le père de Dr Slump, chef d’œuvre du genre !), un ton qu'il retrouvera en partie dans le délicieux arc foldingue Buu.

Les crimes de ceux passés du bon coté de la Force sont soit réparés (la résurrection des nameks tués par Vegeta à la fin de l'arc Freezer), soit purement oubliés et remplacés par des actes à haute valeur symbolique. La rédemption y prend diverses formes : Ten-shin-han, qui avoue au départ avoir pour modèle le froid assassin TaoPaiPai, le vaincra de sa main dans un Tenkaichi Budokai. Quant à Piccolo, il fusionnera avec Dieu, dont son "père" était le double haineux et maléfique, signant la réconciliation définitive des deux entités.

Ainsi donc, le peuple des Saiyans qui, même si soumis à Freezer, a tout de même participé à plusieurs génocides, est réhabilité par les exploits de l'angélique Goku et de sa descendance, et par la transformation progressive de Vegeta, tueur glacial et prince de la race, en un être plus humain qui, a son tour, aura une descendance, rien de moins que le sauveur du futur Trunks.

Si Goku méprise au départ les Saiyans (arc Radditz-Vegeta), c'est pourtant lui qui finira par les venger. Vegeta, à l'agonie, abandonne sa fierté et implore en larmes Goku d'éliminer sa Freezer, qui sera vaincu par l'évolution "ultime" (du moins, jusque là) du guerrier Saiyan, animé par la colère. La réhabilitation du peuple guerrier, passe aussi par l'acte héroïque et désespéré du père de Goku contre un tyran dont la cruauté absolue éclipse les actes des Saiyans. Enfin, un flashback montrera la destruction de la planète Vegeta par un Freezer riant aux éclats dans une scène éminemment culte : le peuple a suffisamment payé, on ne parlera plus en mal des Saiyans. Oubliés également, les armes destruction massive que sont les singes géants (Oozaruka). (*on notera cependant les propos très intéressants de Majin Vegeta dans l'arc Buu, confirmant que ce personnage est sans nul doute le plus interessant de la saga, par son charisme certes, mais aussi par sa psychologie).

Le plan d'anéantissement des Saiyans va à l'encontre de cette logique de rédemption, en rappelant aux seuls "bon Saiyans" en vie le sombre passé de leur race et une dette affreuse qui n'a pas été payée. Survivant du génocide du peuple pacifiste des Tsufuls (on les retrouvera dans Dragon Ball GT avec Baby), Raichi, revenu des enfers par une gigantesque machine de sa création, a accumulé une haine immense et entend bien faire payer Goku et ses compères, qui n'auront pas d'autre choix que de l'affronter, sans espoir de réconciliation heureuse.

Correctement réalisé, plutôt soigné esthétiquement (le sanctuaire de Raichi et ses sphères est une réussite), le film séduit par son ambiance, sa bande son excellente, ainsi que son boss final, le surpuissant Hachihyaku, sans doute un des bad guys les plus charismatiques des films DBZ, rivalisant de violence avec le célèbre Broly. Son apparition majestueuse sous des sons d'orgues est un grand moment. Terrifiant, il se déchaine au bout d'un compte à rebours implacable contre des héros dépassés. La résolution de l'affrontement reste très classique.

On se retrouve ainsi devant un film DBZ des plus intéressants, même si moins jouissif qu'un "Les Mercenaires de l'Espace" ou "l'Offensive Cyborg" et plutôt inégal, son intérêt se trouvant surtout dans son dernier tiers (l'idée du "retour" des anciens adversaires orchestré par Raichi est assez paresseuse, sans compter qu'on y revoit Thalès !).

Le film a eu droit à un remake en HD pour accompagner DBZ Raging Blast 2, mais celui-ci est plus court que le matériau d'origine (un peu plus de 20 minutes seulement), sa bande son moins singulière. La version d'origine est cependant très difficile à trouver en bonne qualité. Je recommande toutefois chaudement les deux à tous les amateurs de Dragon Ball.

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