Alien, la constipation.

Avis sur Dreamcatcher, l'attrape-rêves

Avatar Errol 'Gardner
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Je me rappelle avoir vu la bande-annonce de ce film lorsqu'il est sorti au cinéma. Et elle faisait bien son job, la bande-annonce de ce film. Le halo de mystère qui en ressortait donnait envie de voir à quoi pouvait bien ressembler cet énorme extra-terrestre posté devant un Damian Lewis apeuré, hagard, la morve au nez. Grosse curiosité donc, que de découvrir le visage d'un E.T malfaisant. La claque? Tu parles Charles. J'ai tenu vingt minutes, c'est tout. Une fois vu la chose, le charme est rompu, parce-que, c'est pas comme si la bête renouvelait à elle seule le genre. L'alien, elle casse pas trois pattes à un canard. Par contre, elle s'enfile un clébard. D'ailleurs, à propos d'Alien... Alien le film, son fantôme est partout dans ce dreamcatcher d'un goût douteux (franchement, le héros s'appelle Jonesy...).

Ici, l'Alien ne sort pas par le ventre, il ne s'agit donc plus de l'allégorie d'un accouchement cauchemardesque et esthétique, mais de la métaphore d'une constipation gore. Le monstre, sans que l'on sache comment il y est entré, sort du corps de l'homme par le cul. Et oui. Les pires hémorroïdes qui soient. Ce qui donne lieu au passage à la pire des déripettes de l'histoire du cinéma. Outre cette vulgarité impossible, osée, de l'acabit des Bronzés font du ski 3, qui démontre au passage le manque cruel d'inspiration de Kasdan, le film est bancal jusqu'à l'os : plutôt que de se centrer sur un scénario, vu et revu, mais qui aurait tenu la route (une attaque d'aliens), Kasdan choisit de développer, à tort, trop d'histoires, assemblées entre elles de manière grossière : la bande de potes, mystérieusement télépathes, l'invasion intestinale des Aliens, le grand chef militaire, has been, qui affronte un gradé qu'il considérait comme son gendre, des civils peut-être contaminés, emprisonnés dans des camps de concentration, et même quelques parties de chasses... Un pot-pourri fourre-tout, comme si Lawrence avait chourravé quelques bouts de scénarios un peu partout, jusqu'en Arabie.

Evidemment, on a droit à la bagatelle des clichés qui accompagnent ce type de film : les soldats en savent toujours plus que les civils, il y a le côté top-secret national, le gouvernement américain est méchant, en veux-tu en voilà. Le film se termine en queue de poisson, avec un affrontement tout droit sorti de RAMBO (homme contre hélicoptère), et une fin tirée par les cheveux, qui rappelle The Faculty. Dommage, il y avait Damian Lewis qui faisait du Gollum, et ...c'est tout!

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