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Driller Killer

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Reno est un artiste New Yorkais fauché, vivant en colloc avec sa copine et la copine de sa copine, la vente de sa nouvelle œuvre est sa dernière chance de faire rentrer un peu de pognon pour pouvoir régler ses dettes et garder un toit. Sa copine elle, préfère sous-louer la cave à un groupe de NY punk toxico qui vont répéter sans cesse dans un vacarme épouvantable pour Reno. Le bruit, le stress, la pression et la misère de rotten apple vont entrainer Reno vers la folie et il calmera ses pulsion en éliminant la pourriture New Yorkaise à coup de perceuse.

Réalisé en 79, The Driller Killer est le second film d’Abel Ferrara en tant que réalisateur (le premier était un porno au nom fin de The nine lives of a wet pussy), il joue aussi le premier rôle sous le pseudo Jimmy Laine. Interdit en salles en Angleterre pendant 20 ans, le film est très souvent comparé à Massacre A La Tronçonneuse, les similitudes s’arrêtent pourtant au coté slasher rayon bricolage et à la mise en scène efficace car là on est plus proche d’un Taxi Driver dans l’ambiance et l’intention que des familles consanguines du sud USA. En effet comme dans nombre des prochains films du réalisateur cocaïnomane ici le personnage principal c’est New York. Le New York de la fin des 70’s avec ses rues crasseuses, ses tarés, ses junkys, ses clodos et son absence de future. Le New York qui te pousse à péter les plombs et te vide des dernières goutes de santé mentale qui te restait. En guise de vengeance sociale Reno s’en prend à ceux qui n’ont pas réussi à supporter la pression qu’il est en train de subir et élimine la vermine, probablement à fin d’éviter d’avoir à croiser à tout moment ce qui l’attend sous peu.

Comme beaucoup de films de cette époque la pellicule a prit un coup de vieux, les acteurs sont loin d’être doués et sont tous complètement défoncés, l’image est un peu terne et les scènes de violence paraissent bien anodines comparées à ce qui se fait actuellement. On y retrouve néanmoins une tension accrocheuse tout au long du film, malgré les longues scène d’inaction la pression monte et on se prend au jeu. La bande son est typique de l’époque à base de Moog dissonant et de napes lugubres, plus biensur le NY punk/No Wave du groupe répétant dans la cave (Tony Coca Cola and The Roosters - groupe d’artistes New Yorkais monté spécialement pour le film, ambiance Dead Boys, Television, NY Dolls etc). Et finalement cette sobriété est bien plus dérangeante que tout le cinéma tapageur actuel. On retrouve tout ce qui fera le cinéma de Ferrara, la misère de NY biensur, mais aussi le christianisme (la scène d’intro hallucinante et hallucinée), la drogue (même si elle est pas présente ici on la sent à plein nez) et la folie.

Le film est libre de droits donc en fouillant bien tu pourras trouver le DVD à vraiment pas reuch. Un remake est annoncé depuis 2007 mais visiblement ça n’avance pas, tant mieux surement.

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