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Êtes-vous prêts à vivre un casse d'une demi-heure, dans le silence de la nuit et le seul bruit des outils qui travaillent à pénétrer une bijouterie ? Si cette perspective vous paraît ennuyeuse, regardez Du rififi chez les hommes pour vous en convaincre. Pas besoin de musique surlignant chaque détail, pas besoin d'éléments d'intrigue secondaire ou psychologique inutile : juste quatre hommes, silencieux, suant, épuisés, préparés comme jamais pour ce vol de bijoux. Une séquence incroyable de tension et de suspens, comme si on y était.

Le film de Joe Dassin parle de ce monde-là, de ces petits truands, mi-français mi-italiens, s'attaquant à un gros morceau. Pour vivre la grande vie, pour leurs enfants, leurs soeurs, ou par faute de trouver mieux à faire dans la vie, voilà que la fine équipe se regroupe pour élaborer leur plan d'attaque, et ne rien laisser à la chance. Et à priori, ils ont l'air efficace, leur expérience de la vie nocturne leur étant utile. Seulement voilà, faille il y aura, et elle sera fatale. Les femmes... ou plutôt la faiblesse que ces hommes durs peuvent développer par amour ou envie de plaire à ces femmes qu'ils ne respectent pas pour qui elles sont, mais pour ce qu'elles ont à leur donner.

On est en 1955, les femmes sont considérées comme des mères ou des putains. Les seins d'Ida Ferrati (Claude Sylvain) sont prêts à jaillir de cette tenue qui les retient à peine, Viviane (Magali Noël) dance dans des tenues légères et affriolantes, Mado les Grands Bras (Marie Sabouret) reçoit plusieurs coups de ceinture de la part de Tony le Stéphanois (Jean Servais) pour l'avoir trompé...

C'est un monde d'hommes, du modèle d'avant, de ceux qui ont un code d'honneur, qui respectent les lois de la pègre et leurs semblables (masculins). L'acteur belge qui joue Tony, homme ayant fait 5 ans de cachot pour sauver la peau de ses complices lors d'un coup foireux, représente ces types désabusés, au visage lessivé, abîmé par la cigarette et les déconfitures. C'est une équipe de gueules, de vraies : Robert Manuel apportant en plus une dimension comique dans l'aventure, Pierre Grasset et Robert Hossein, interprétant les deux frères terribles qui contrôlent sans coup férir cette boîte de nuit, et les autres.

Un univers violent composé d'hommes au physique patibulaire, de mâles, qui semble avoir inspiré beaucoup d'autres films, dont Reservoir Dogs. Le premier plan, détaillant des mains accrochées à leurs cartes à une table de poker, semble y faire directement référence. Tarantino ne cache d'ailleurs pas son amour pour le film. Martin Scorsese doit certainement y avoir puisé certaines scènes et Steven Soderbergh également pour ses Ocean.

Du rififi chez hommes, c'est un film d'ambiance, un film qui ne cherche pas la lumière mais s'attarde vers ces cabarets de nuits parisiens. Les hommes aiment le rififi, c'est ce qu'ils cherchent, comme le dit la chanson. Ils ont la tête pour, les comportements de chats méfiants n'attendant que le bon moment pour frapper en premier. Quand la violence se déchaîne, hors-champ, elle est marquante, frappante par les gestes déployés, même pour l'époque. On n'y va pas de main morte. On se doute qu'à un moment donné, les choses vont déraper, on se tend, on redoute la seconde vague, et puis soudain, on comprend, on réalise, et on observe avec tristesse des hommes s'écharper pour rien. Un goût du Salaire de la peur dans la bouche, dégoûté face à ce final, on ne peut que secouer la tête d'impuissance.

Cambroa
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Écrit par

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