Darwinisme

Avis sur Easy Rider

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S’il y a bien un argument que je trouve idiot et dont je n’use jamais contre une œuvre, c’est : « Elle a vieilli ». Elle est bien ou elle est pas bien, je l’aime ou je l’aime pas, si qu’on s’en fout de l’âge du capitaine. Comme quoi, faut jamais dire jamais. J’avais déjà trouvé Easy rider un peu ridé quand je l’avais vu 20 ans après sa sortie, je l’ai trouvé carrément ridé-cule en le revoyant 20 ans après ma première impression.

Bon Dieu que c’est vide. Bon Dieu que c’est cliché. Bon Dieu que c’est inoffensif. Y’a deux bikers qui fument et qui tapent la route. Pas des turn on/tune in/drop-outs, pas des yippies, pas des all you need is love, pas des Mobe (National Mobilization Committee to End the War in Vietnam), non, juste ils bikent, il fument et ils tapent la route. Ils se heurtent à des rednecks hostiles aux cheveux longs (Fonda en porte même pas), dont apparemment ils ignoraient la psychologie et peut-être l’existence. Alors ils perdent.

Mais vous avez même pas essayé de gagner, connards !

Juste avant Hardy dit que tout plane impec, et Laurel répond gravement : « Non, on a tout loupé. » Il le dit même deux fois pour que la prémonition, elle soye encore plus impressionnante.

Mais moi ce qui m’aurait (peut-être) impressionné, c’est de comprendre ce que l’un trouvait bonnard et que l’autre trouvait loupé. Seulement, ils en savent rien eux-mêmes. Connards…

Film culte ? Film générationnel ? Si les hippies se sont reconnus dans cette vision superficielle et réductrice où deux gentils crétins dépourvus de spiritualité, de conscience politique et même d’esprit festif cherchent « juste à être libres » sans trop savoir ni ce que ça veut dire, ni ce que ça implique, ma foi, tant pis pour eux.

Le seul intérêt du film, outre sa qualité de relique et ses innovations techniques que d'autres vous expliqueront très bien, réside dans sa relative lucidité quant au destin du mouvement hippie. Relative, car il n’est jamais lucide que sur l’idée qu’il s’en fait. Et aussi dans le personnage bien fugace de l’avocat libertaire joué par Jack Nicholson, qui se dévoue pour faire une explication de texte pour les nuls de Born to be wild et I wasn't born to follow aux deux boy-scouts-qui-bikent-et-qui fument.

Et m’emmerdez pas avec la BO, rock mais débile, puisqu’à la superficialité elle ajoute l’incohérence. Steppenwolf et les Byrds, comment ça cohabite ? The Pusher et la sniffette, comment ça cohabite ?

Entre le visionnage 1 et le visionnage 2, je me suis laissé dire que Dennis Hopper était Républicain : ben, ça m’étonnerait pas plus que ça. Que son âme repose en paix. Mais c’était celle d’un connard.

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