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Dialogues écrits à la truelle & B.O. dépressive (...) un survival frôlant l'encéphalogramme plat

Eaux sauvages (1979) n'a pas tardé à gagner ses lettres de noblesse, devenant ainsi l'un des plus célèbres « nanars audio ». Mais que lui vaut tant de reconnaissance ? Du haut de ses 90 minutes, si vous prenez le risque de le visionner, il est nécessaire que vous sachiez certaines choses à son sujet, sous peine d’abandonner le visionnage au bout du premier ¼ d’heure.

Sachez tout d'abord qu'il est impératif de le voir en VF car l'originalité même de ce film repose essentiellement au sein de son doublage (complètement foireux et sous valium, à croire qu'il a été confier à des doubleurs inexpérimentés à moins qu’il ne s’agisse d’un délire entre eux). Ensuite, concernant le scénario, ne cherchez pas, il n'y en a pas, on a l'impression que les dialogues ont été écrits à la truelle par un scénariste sous ecstasy (où les protagonistes viennent raconter leur vie, parlant de tout et de rien, partant dans des délires philosophiques sur la fin du monde ou sur une explication du Karma version hippie).

Le film narre l'histoire d'un groupe de touristes parti faire du rafting dans le Grand Canyon. Il faut attendre pas moins de 40 minutes pour qu'il se passe réellement quelque chose (à savoir, un meurtre et notamment celui

du « noir », oui, oui vous avez bien lu, il n’a pas de prénom, ses compagnons d’infortune l’appellent juste « le noir »).


Car bien avant cela, on ne comprend pas réellement pourquoi un tel titre a pu être retenu pour ce film où il ne se passe rien, la mise en scène frôlant l'encéphalogramme plat, ajoutez à cela une B.O dépressive qui ressemble à une complainte mi-forestière, mi-country, avec quelques effets jazzy WTF dont on se demande ce qu’ils viennent foutre là (d’ailleurs, le main theme du film est un mix à la fois langoureux et seventies, qui se répètera en boucle durant tout le film, au point de vous rendre barge).

Concernant les protagonistes, on a droit à toute une palette de personnages stéréotypés, avec des guides (qui n'en ont pas l'air), un couple d'allemands et un riche fils d'émir (appelé Mahomad dans la VO & Mahmoud dans la VF, d’ailleurs on se demande bien ce qu'il vient faire là celui-là, en dehors de jouer les gros chacals à vouloir draguer lourdement tout ce qui lui passe sous la main). C'est d'ailleurs grâce au doublage que l'on parvient à faire la distinction entre tous les protagonistes, les doubleurs ayant pris soin d'insister « lourdement » sur les accents pourris (il faut bien le reconnaître, entre les allemands et l'arabe, on obtient un résultat des plus catastrophique, sans oublier que d’une scène à l’autre, Mahmoud en oublie son accent et devient un type lambda, à l’image des autres protagonistes).

Ajouter à tout cela, une absence flagrante de bruitage pendant les ¾ du film et les rares à se faire entendre décrédibilisent l’ensemble de la scène (à l’image des séquences en rafting où le bruit des vagues ressemblent à des clapotis dans une bassine), sans oublier des scènes de dialogues qui sont réutilisés un bon nombre de fois (dans un souci d’économie évidemment) lors des scènes de rafting (mettez bout à bout toutes les séquences de rafting, vous constaterez qu'il s'agit à chaque fois des mêmes dialogues, des mêmes intonations de voix et d'éclats de rires). A signaler aussi les quelques séquences tournées façon "nuit américaine" qui viennent encore plus décrédibiliser le film (avec ou sans "nuit américaine" puisqu’on voit même l’un des protagonistes s’éclairer d’une lampe torche en… plein jour !).

Une perle rare en la matière, si vous vous étiez toujours demandé ce que pouvait rendre Délivrance (1972) de John Boorman s’il avait été réalisé sous ecstasy et interprété par des hippies… Ce film vaut assurément le coup d'œil (et surtout, ouvrez bien grands vos oreilles !), cependant, vous risquez fort d’en ressortir avec une vilaine conjonctivite, la qualité de l’image étant des plus catastrophique, on a l’impression d’avoir affaire à un très mauvais VHSrip.

(critique rédigée en 2012, réactualisée en 2021)

« - Qu'est-ce qui s'est passé ?
- C'est le noir, il est tombé. »

« J'en ai pris plein la poire moi. »

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