Court mais bon !

Avis sur Eddie: The Sleepwalking Cannibal

Avatar Gaby Aisthé
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Prise d'une subite envie d'en découvrir un peu plus sur le cinéma danois, je suis tombée sur ce film au titre étrange et attrayant : Eddie the Sleep-walking cannibal. Comment résister à un titre pareil ? Alors ni une ni deux, sans même en lire le résumé, j'étais décidée à le regarder.

Le titre prometteur annonce un film qui tient ses promesses. Court mais efficace, il mélange savamment gros délire (oui, enfin perso un somnambule cannibal, je n'en avais jamais croisé) et réflexion plus intelligente.
En mettant en scène cet ancien artiste un peu torturé sur les bords, le film apporte quelques réflexions qui ne manque pas d'intérêt sur l'influence du regard des autres sur notre construction personnelle et sur ce que l'on est prêt à faire.
Pleinement heureux depuis qu'il a cessé de peindre, notre artiste n'a de cesse de s'entendre dire qu'il est un grand peintre, que l'art est sa vie, qu'il ne doit pas sacrifier son talent, qu'il doit peindre. À vrai dire, il ne prend de l'importance aux yeux des gens qu'au travers de son talent. Son directeur l'embauche dans l'espoir qu'il peindra, sa charmante jeune collègue se décide à se décoincer lorsqu'il se remet à peindre, et même son voisin l'admire et le déteste pour sa réputation et son oeuvre.
Alors forcément, tel un ex addict à qui l'on répète qu'il a été addict, qu'il l'est encore ou pourrait l'être, dès lors que la tentation pointe le bout de son nez, difficile d'y résister et de ne pas céder à la tentation de s'accorder à l'image que les gens se font.

Le problème ici est double : d'une part, le talent de notre peintre ne se révèle que lorsqu'il est confronté à des scènes sanguinolentes. D'une part, ce n'est pas gai, et d'autre part, la chose peut pousser à quelques actions illégales.
D'autre part, ces scènes sanguinolentes lui sont offertes sur un plateau d'argent par un pauvre bougre quelque peu déficient qui se charge desdites actions illégales sans vraiment le vouloir.

Le premier meurtre, celui du petit lapinou blanc, marque le début des emmerdes et du questionnement. L'artiste profite de l'occasion mais se rend compte du danger.
Le deuxième meurtre, touchant un humain cette fois ci, est un premier pas vers la fin. Notre peintre cache-t-il le corps pour protéger Eddie ou ses motivations sont elles plus sombres ?
Où s'arrête l'acte compréhensible de vouloir protéger un innocent dangereux, et où commence l'exploitation de ce dernier ? Jusqu'où aller pour devenir ce que le monde veut que l'on soit ? Quel sacrifice accepter ?
Petit à petit, Eddie va se sentir en confiance avec son hôte et tenter d'agir au mieux pour lui faire plaisir, tandis que celui ci va avoir besoin de plus en plus de sa drogue pour faire plaisir à son entourage. Un engrenage infernal allant crescendo et menant à un final certes un peu attendu mais parfaitement logique et à la hauteur des névroses des uns et des autres.

Cette découverte un peu hasardeuse fut donc très bonne, avec une histoire originale et sympathique, mais aussi un duo d'acteur absolument excellent. Une petite perle qui, même si elle ne sera pas le film du siècle, mérite que l'on y jette un coup d'oeil.

outbuster
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