Priez pour nous pauvres prêcheurs.

Avis sur El Club

Avatar Mike Öpuvty
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Après son grand coup No, je m'engouffre sans plus attendre dans une salle obscure pour voir le prochain film de Pablo Larraín. Je découvre une histoire sordide de stupre, de suicide et de prêtres exilés au trou du cul du monde, pour avoir abusé de celui de petits enfants...

Le titre El Club fait référence à une maison en bord de mer tenue secrète, qui fait office de centre de détention pour des prêtres ayant fauté. Pédophilie, toxicomanie, vente de bébés... les résidents ont tous les vices et vivent pourtant au jour le jour, dans la grâce de Dieu. Mais leur équilibre est menacé par la mort subite d'un nouvel arrivant, et ils vont être confrontés aux démons de leur passé par un enquêteur zélé, dépêché par le Vatican.

C'est l'occasion pour Larraín de démontrer comment la religion et la société ont leurs façons bien à elles de répondre au mal quand il surgit, et comment, dans une terrible fuite-en-avant, l'un des locataires va perpétuer un cycle de violence dans cette petite ville perdue.

Sur ce canevas alléchant, deux entités se font la guerre. La mise-en-scène et la mise-en-image.

La mise-en-scène, impeccable, précise, mène ses acteurs au bout d'eux même en prenant soin d'explorer diverses thématiques, qui se télescopent et se font écho...
La mise-en-image, dégueulasse, ignoble, prend un malin plaisir à saloper la rétine des spectateurs à tout jamais, à grands renforts de basses lumières bleues-grises, de plans à moitié flous, et de scènes de nuits plus granuleuses qu'un couscous royal !

J'ai terriblement souffert. J'aurais aimé adorer ce film, mais il est stylistiquement empoisonné.

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