Je ne suis pas un film, je suis un chef-d'oeeuuuuvree!

Avis sur Elephant Man

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On se demande parfois si cette vie est faite pour nous, John Merrick a.k.a Elephant Man n’avait pas cette chance tant la réponse est évidente.

On se prend très vite d’affection pour un homme pour lequel on aurait probablement éprouvé une forme de dégout et dont le destin le voue à une vie de misère. On croit au projet fou du Docteur Treves consistant à le lever au rang d’être humain et David Lynch réussit à nous donner l’envie tout au long du film de vouloir participer à ce défi impossible et à priori condamner à l’échec. L’impossibilité de charcuter soit même Bytes ou cet employé d’hôpital se rémunérant gracieusement l’entrée à la chambre d’Elephant Man démange et irise le poil.

Là ou beaucoup seraient tombés dans des excès scénaristiques sur fond de musique larmoyante, David Lynch comprend que la nature tragique de la situation se suffit à elle même. Le film pousse très facilement à cogiter sur notre condition, notre modèle d’acceptation et notre rapport à l’autre.
La qualité visuelle et sonore du film nous accompagne dans cette réflexion, guidant nos sentiments les uns après les autres avec fluidité.
Le bruit incessant des machines tout au long du film comme pour nous rappeler le poids et les excès de la révolution industrielle (notamment en termes de divertissement), la noirceur et la misère sociale du Royaume-Uni de la Reine Victoria, la Bande Originale et la réalisation en Noir et Blanc oppresse, traumatise et on aime ça.

Pour pousser le masochisme un peu plus loin, éteindre les lumières et se servir un bon cognac.

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