"Aut Caesar, aut nihil" ( ou César ou rien...)

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(Au vu de la moyenne de 6.8 chez mes éclaireurs, il est clair que mon point de vue n'est pas partagé avec tous, mais mon cow-boy est d'accord avec moi, je me sens moins seule.)

Cette parenthèse cloturée, je ne comprends pas l'engouement qu'a suscité ce film. Une pluie de prix qui déferlent sur les têtes conjointement béates d'Isabelle Huppert et de Paul Verhoeven, pour quoi? Pour ça?

Un scénario qui fait dans la subtilité :

Michèle a un papa tueur en série, son image a été associée aux crimes, elle est divorcée, mais toujours amoureuse de son ex, et en bonne fille perturbée dans son Oedipe, elle entretient des rapports étranges avec les hommes, qui, en dehors du sus-mentionné ex-mari, ne sont pour elle que des objets sexuels. Il les lui faut marier, une simple "occasion" lui suffit pour jouer à touche-pipi (spéciale dédicace à mon cher et tendre). Bon, soit.

Cette femme donc se fait violer, ne veut pas aller porter plainte parce que les méchants policiers lui ont fait du mal quand son papa a été arrêté, mais elle le dit quand même, avec une froideur toute Hupperienne, a ses amis, ex-mari compris. Est-ce que ça la traumatise, ce viol? Oui et non. Au final, quand elle découvrira qui se cache sous la cagoule du violeur, elle finira par chercher à reproduire avec lui leurs "ébats".

Elle a une mère qui se paie des petits jeunes, un fils qui a tout du cas social, une belle fille harpie, des voisins hyper cathos et très dérangés, une boîte de jeux vidéos où elle produit des jeux de trolls aux multiples tentacules bien pratiques pour prendre par tous les trous, un employé aux fantasmes morbides, lui-même bien docile... STOP!!!!! Qu'est-ce qu'elle n'a pas, cette femme? Ah, pardon, je suis mauvaise langue, si son père faisait le signe de croix sur les fronts des bambins du quartier, la pédophilie n'est jamais vraiment évoquée, ni l'inceste tiens. Mais bon, de toute façon, elle aura eu sa revanche sur ses deux parents, qui meurent tous deux au cours du film.

Mais, me direz-vous, Monsieur Verhoeven n'est pour rien dans les rebondissements du film, qui sont tirés du roman "Oh" de Philippe Djian, (que je n'ai pas lu). Et bien, si le film est fidèle au livre, ce dernier fleure bon le Cinquante Nuances de Grey hardcore, merci mais non merci.

Est-ce que seul le scénario me gêne? Non. Si ça avait été le cas, le film aurait pu se rapprocher pour moi de la moyenne. Mais, meilleur réalisateur? Pour quoi? Quelle scène dans ce film fait preuve d'une créativité folle? Il faut qu'on m'explique.

Et alors, meilleure actrice, Isabelle Huppert? Même si je dois avouer que je ne suis pas à la base une fan du talent de Madame Huppert, que j'ai plutôt tendance à chercher à la loupe, je dois dire que là, elle se surpasse. Si elle a un don, c'est celui de dire son texte. Ah ça! Elle a une bonne diction, globalement (ce qui est assez rare pour être mentionné dans le cinéma français), mais c'est à peu près tout. Elle dit ses répliques, comme à son habitude, place deux, trois grimaces, trois quatres yeux levés au ciel, et après? Où sont les sentiments? Qu'ils soient malsains ou compréhensibles, où sont-ils? Chez Lafitte et Consigny. Qu'au final on voit très peu.

Mais quelque chose doit m'échapper. Je ne dois pas bien comprendre, ou bien c'est la pleine lune, je ne sais pas. Mais en tout cas, entre ce césar du meilleur film et Cesare! (excusez-moi du peu) mon choix est vite fait. (D'ailleurs mon titre était la devise du vrai Cesare Borgia, dont je n'ai pas la photo pour le coup).

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