L’homme face au mégalodon n’est pas une bataille mais un carnage !

Avis sur En eaux troubles

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Adaptation cinématographique du roman Meg: A Novel of Deep Terror de Steve Alten, le long-métrage En eaux troubles est le genre de film de bestiole que j’apprécie particulièrement de visionner, exactement comme la production Rampage – Hors de contrôle de Brad Peyton sortie aussi en 2018. Le réalisateur Jon Turteltaub invite les cinéphiles à assister à une dure et sanguinaire confrontation entre un groupe de scientifiques maritimes et un mégalodon, le plus grand requin du monde. Il est vrai que le long-métrage reprend pas mal d’éléments déjà vus dans ce genre de réalisation mais on a le mérite de visionner un vrai film de requin, bien foutu techniquement et qui fait son effet, contrairement à certaines conneries visuelles que j’ai eu le malheur d’en visionner comme le premier misérable long-métrage Sharknado ou l’insignifiant film Mega Shark vs. Giant Octopus.

Ça m’amuse beaucoup d’entendre les gens dirent Oh ! C’est encore un film de requins ! Une production qui va encore détruire l’image positive de ces prédateurs... Alors qu’on parle d’un mégalodon, un requin préhistorique qui a l’habitude d'ingurgiter tout ce qui est en mouvement. Avec cette définition du mégalodon, on est loin des croyances que l’on a adoptées après avoir vu des films de requins comme le mythique long-métrage Les dents de la mer de Steven Spierlberg. Du coup, on part sur une nouvelle base, dans un film qui va mettre en scène le fameux mégalodon et ses agissements de carnivore. C’est dans cette optique que j’ai vu ce film et je peux vous confirmer que c’est nouveau, qu’on a l’impression de redécouvrir le film de requins. Personnellement, je ne pense pas que le cinéaste Jon Turteltaub était vraiment le metteur en scène qu’il fallait pour développer ce genre de réalisation.

Il n’est pas habitué à réaliser ce genre de projet cinématographique et on sent un peu son manque d’expérience dans ses travaux. Réaliser En Eaux troubles, ce n’est pas comme réaliser les aventures de Benjamin Gates avec Nicolas Cage. Sa mise en scène est certes dynamique mais ça manque d’un certain sens du spectacle et c'est un peu léger à certains moments mouvementés, j’ai été moins séduit par les attaques se déroulant sur la surface que celles qui sont animées dans l’eau. Il manque une certaine énergie pour vraiment me transmettre l’envie d’être attentif de suivre le combat des protagonistes mais le divertissement est là, et c’est ce qui compte le plus. On peut noter quelques problèmes scénaristiques comme le fait que je n’arrive pas à comprendre ceci :

Si le mégalodon a toujours vécu dans son environnement avec les autres créatures qui n’ont jamais été vues par des humains…Comment ça se fait qu’on peut parler de cette bestiole pendant l’attaque du sous-marin, surtout si le submersible s’est écrasé à une profondeur à laquelle les sauveteurs peuvent accomplir des missions de secouriste.

Même si le cinéaste a su garder une intensité remarquable pendant toute la durée du long-métrage et qu’il lance la première scène d’action dès le début de la réalisation, je trouve que le mégalodon met pas mal de temps à se manifester. Fort heureusement, la production dure deux heures et la bestiole est très présente pendant le reste du film. Au moins, le réalisateur a compris que tout se jouait sur son monstre cruel et ça fait plaisir. Par contre, je n’ai pas trop aimé la première image du monstre, je préférais quelque chose de plus progressif et de plus étonnant, surtout que cela m’a fait rappeler un des plans du projet catastrophique Mega Shark vs. Giant Octopus. Concernant le casting, il n’y a pas vraiment de nouveautés.

Ce sont des personnages comme on peut en découvrir dans un groupe de scientifique, dans n'importe quels longs-métrages, il y a un chef camouflant ses intentions, un membre qui ne sait pas nager et un autre qui a cessé d'exercer sa profession suite à une mission de sauvetage qui s’est mal déroulée. Le seul acteur qui est assez étonnant à voir dans cette sorte de production, c’est Jason Statham, un grand habitué de rôles de cogneur. Ce n’est pas la première fois qu’il joue un autre rôle autre que celui du bagarreur violent, on l’a déjà vu dans une comédie comme Spy ou dans un film dramatique tel que Braquage à l’anglaise.

Ce n’est pas évident de voir ce dernier dans un rôle qui différencie beaucoup de ses précédentes prestations mais il se débrouille bien, il n’en fait pas trop et il s’intègre aussi bien dans le scénario que dans le casting. Et puis comme tout acteur, il faut bien qu’il change de registre et il le fait bien. Concernant l’effet du spectacle, on est servi, les personnages tentent tout pour neutraliser le requin, avec un emploi époustouflant d’équipements high-tech. Certaines images nous clouent sur nos sièges, d’autres nous éblouirent par leur beauté aquatique et d’autres nous offrent quelques frayeurs bien inattendues. Par contre, certains effets spéciaux sont assez ratés, on voit bien que ça manque de réalisme pour croire à telle action du requin et certaines surprises sont cassées d’avance comme :

Le mégalodon tué au milieu du film alors qu’il reste une bonne heure de visionnage... Ce qui laissait bien évidemment un deuxième mégalodon prendre le relais. Le mégalodon qui reste sur place... Je ne l’ai pas cru aussi.. J’ai tout de suite su que c’était une baleine morte qui flottait sur l’eau.

Des défauts imprévisibles et gâcheurs mais la production est faite pour nous faire un moment divertissant exemplaire. Et je souligne que le cinéaste s'est amusé à mettre en évidence la taille effarante de ce monstre, en réemployant quasiment les mêmes images de requins, sans que ce soit banal à voir. Une belle prouesse de réalisateur que je salue sans la moindre hésitation. 7/10

Qu’est que ça fait plaisir de savoir qu’on n’est pas cinglé !

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