Gone Baby, Gone.

Avis sur En quatrième vitesse

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Troisième long-métrage de Robert Aldrich, "En quatrième vitesse", tiré du roman "Kiss me deadly" de Mickey Spillane, permet au futur cinéaste des "12 salopards" de défoncer dans les grandes largeurs le cinéma noir américain, de propulser le genre de la série B dans les plus hautes sphères cinématographiques.

Tout en respectant scrupuleusement les codes du roman noir, Aldrich les pousse dans leurs derniers retranchements, imprègne la pellicule d'un ton désabusé, d'une violence certes hors-champ mais bien présente, et surtout d'une atmosphère furieusement jazzy, Nat King Cole venant faire un petit coucou du côté de la bande son.

Peuplé de sales gueules patibulaires, de femmes fatales prêtent à vous attirer dans leurs filets telles des sirènes des temps modernes, de coups fourrés et de ruelles sombres et crasseuses, "En quatrième vitesse" roule à une allure soutenue, fait autant hurler l'asphalte que les revolvers et les filles faciles, expérimente à tout va par le biais d'une mise en scène phénoménale donnant un sérieux coup de fouet à un genre essoré jusqu'à la dernière goutte d'huile.

Descente aux enfers d'un privé qui aurait mieux fait de continuer sa route sans regarder dans le rétro, sans un regard pour cette pouliche peut-être pas si timbrée que ça, "En quatrième vitesse" constitue le haut du panier du film noir, un diamant obscur formellement splendide taillé par un des plus grands cinéastes américains de l'époque.

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