Under the Bridge

Avis sur En quatrième vitesse

Avatar Docteur_Jivago
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Sur les routes de Los Angeles, la nuit : Une jeune femme semble totalement terrifiée et cherche à arrêter une voiture pour être prise en stop. Ce sera celle d'un détective... Le voilà tombé dans une affaire bien particulière...

Dès cette introduction, Robert Aldrich donne le ton et signe un film palpitant de bout en bout où la forme fait corps avec le fond. Tout le long Kiss Me Deadly est porté par une atmosphère ambiguë, sombre, désabusée et mystérieuse où le doute plane sur les enjeux mais surtout les personnages et ce, dès l'ouverture du film où l'on se demande qui est cette femme terrifiée et pourquoi elle l'est, une question que le détective Hammer va se poser tout le long d'un récit allant de rebondissements en rebondissement.

C'est d'ailleurs un personnage dont on ne sait pas grand-chose mais qui se révèle passionnant à suivre et ce, malgré qu'il soit violent et capable d'utiliser les mêmes méthodes que les gangsters qu'il combat. La galerie d'individus tournants autour de lui est tout aussi ambiguë et souvent pas claire, allant de divers gangsters aux flics en passant par des femmes fatales, où manipulation, meurtre et jeux de dupes sont les maîtres mots. Quant à l'intrigue, c'est une descente aux enfers s'ouvrant sur un ton jazzy avec Nat King Cole et finissant dans les flammes de l'enfer pour un final glacial et génial. L'intrigue renvoie aussi au contexte géopolitique de l'époque où guerre froide, peur nucléaire et MacCarthysme faisaient rage.

Ici pas de romantisme mais de la violence, de la noirceur et de la paranoïa où Aldrich joue avec les codes du genre pour mieux se les approprier. Usant régulièrement du hors-champ, il met en place une tension qu'il maintient tout le long de l'oeuve, à l'image des touches de mystère et de suspense. La photographie en noir et blanc, élégante à souhait, se lie à merveille avec la caméra fluide d'Aldrich, ce offrant de remarquables plans et utilisant l'espace qu'il a à sa disposition avec grand brio.

Un diamant brut brillamment exploité par Aldrich, s'ouvrant de manière aussi géniale qu'il se finit pour un film d'une grande noirceur, excellemment mis en scène et interprété et duquel on est happé de bout en bout.

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