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Bien que le projet Encanto ne m’attirait guère, je suis allé le voir pour le nom de ses réalisateurs Jared Bush et Byron Howard. L’un a réalisé mon deuxième Disney préféré de la décennie 2010, à savoir Zootopia, l’autre mon préféré de la décennie, Raiponce. Donc au final, pourquoi pas. Le pitch n’avait rien de bien extraordinaire, mais les trailers nous vendaient la destruction d’une maison magique et la quête éperdue d’une fille sans pouvoir pour « restaurer la magie ».

Et puis vint le film.

C’est quand même vachement décevant vous trouvez pas ?

Peut-être que j’ai été biaisé par le trailer, mais j’ai vraiment eu l’impression d’attendre les enjeux tout le long du film. On nous présente la famille Madrigal, voilà, ils sont tous beaux, ils sont trop cools, ils ont les pouvoirs les plus récurrents du cinéma (la super costaude, le gosse qui parle aux animaux, la maman qui soigne tout). Et puis on nous présente Mirabel qui n’a hérité d’aucun pouvoir et qui fait avec malgré sa réputation de looseuse. On comprend très vite où le film veut en venir, que c’est l’hypocrisie de la famille envers Mirabel qui va causer sa perte, que c’est en apprenant le pardon, niah niah, on est tous contents, tous nos problèmes se résolvent par le pouvoir de l’amour, les enfants sont contents et bisou, au revoir.

Sauf que voilà, même si j’avais à peu près compris les intentions du film, j’avais quand même l’espoir qu’il me surprenne, qu’il aille au-delà des minces attentes que j’avais pour lui. Et force est de constater que c’est pas du tout le cas.

Encanto, c’est une intrigue qui prend mille ans pour se lancer et qui finalement, ne se lance jamais vraiment. Mirabel découvre une prophétie de son oncle Bruno (merveilleusement doublé par José Garcia), elle sera la cause de la destruction de la maison magique des Madrigal, elle va tout faire pour empêcher cela et tenter de « sauver la magie ».

Et voyez-vous, moi l’enjeu « sauver la magie », ça suffit clairement pas pour capter mon attention. C’était à peu près le même problème dans La Nuit au Musée 3 où un objet tout pété perd son pouvoir et qu’il faut faire telle manœuvre pour régler tous les maux du monde. Ici, la manœuvre étant d’ouvrir son cœur à ceux qu’on aime pour s’affranchir des tabous et des non-dits. Le souci, c’est que jamais ça ne mène à une montée en progression dans la narration. On a toujours l’impression de rester au même point tout le long du film. Mirabel tente un truc, ça empire la situation, elle tente autre chose, toujours pas et au final, la dernière tentative finit par tout régler. Mais jamais on est pris par le moindre enjeu ni la moindre tension, pire encore, il n’y a même pas de climax. On finit le film avec l’espoir qu’il nous raconte encore un peu plus, mais non, il reste éternellement sur la surface, il ne dépasse jamais les attentes, n'a ni de deuxième couche de lecture qui pourrait contenter les adultes, ni de quelconque antagoniste qui pourrait nous faire accrocher à l’intrigue, c’est l’ennui ferme.

C’est con, parce que si on omet ce problème de narration (mais dieu sait qu’il est lourd), le film se regarde plutôt bien. Je craignais que Disney tombe dans le même piège que Frozen 2, à savoir nous noyer de chansons mièvres et chiantes comme la pluie, mais ici, c’est pas le cas. Non seulement, les musiques sont excellentes, Lin-Manuel Miranda oblige, et en plus, elles ne sont pas trop nombreuses, servent assez bien l’avancée de l’intrigue (aussi mince soit-elle) et sont servies par des séquences colorées vraiment cools.

Pareil pour l’humour, le film parvient assez bien à balancer entre moments de pure drôlerie et d’autres un peu plus sérieux et j’ai véritablement rigolé pendant la séance. Les pouvoirs des personnages, bien que très classiques sont assez bien exploités au niveau des gags (je pense surtout au gamin qui peut changer d’apparence ou la cousine qui a une ouïe sur-développée et qui peut pas s’empêcher de dévoiler les secrets d’autrui). Surtout que ces blagues ne sont pas en vain puisque ça joue sur l’hypocrisie de la famille vis-à-vis de Mirabel.

Mais au final, qu’est-ce qu’on retient d’Encanto ? Pas grand-chose, très peu même.

Ça a beau être coloré et assez inventif sur certains décors (les chambres de chaque personnage, j’aurai aimé en voir davantage), on a vraiment l’impression d’avoir vu ce film mille fois ailleurs. Ne ressort de cet Encanto, qu’un sentiment de « mouais, osef ». Alors certes, les enfants y trouveront leur compte, après tout, ça a rigolé gentiment dans la salle de cinéma, mais c’est un film très quelconque au sein des productions Disney. Tant pis.

James-Betaman
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