Lapin compris...

Avis sur Endorphine

Avatar Victor Tsaconas
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Le film qui suit est un véritable mystère comme je les aime, oscillant entre le cinéma expérimental et le cinéma fantastique, Endorphine du québécois André Turpin raconte l’histoire de trois femmes, trois Simone, l’une a 12 ans et doit réapprendre à ressentir des émotions à la suite d’un choc post-traumatique, l’autre a 25 ans et est une jeune femme solitaire qui tente de dominer ses crises de panique, et la dernière, 60 ans, est une physicienne épanouie qui donne une conférence sur la nature du temps et a des orgasmes dans son sommeil. Faisant référence tout droit à des films puzzle comme Primer ou Upstream Color de Shane Carruth, le long-métrage de André Turpin essaime tout au long des indices sur les différents liens qui unissent ces trois personnages. André Turpin est un directeur de la photographie de renom (il a, entre autres, travaillé avec Denis Villeneuve pour Un 32 août sur Terre, Maelström et Incendies, et avec Xavier Dolan sur Tom à la Ferme et Mommy), et ça se ressent dans sa mise en scène et son traitement de l’image. Le film est clinique, précis mais également chaleureux et doux. Ces émotions contradictoires, c’est ce que l’on ressent tout au long du métrage. En effet, on est constamment tiraillé entre notre envie de donner du sens et l’incompréhension globale qui ressort du film. Mais ce qui pourrait passer pour de l’hermétisme est finalement plus une envie de créer une œuvre dont la narration et le traitement du temps et de l’espace est passé à travers le prisme d’une espèce de poésie scientifique. Le cinéma serait alors le seul moyen d’accéder au postulat quantique d’un temps déjà existant, dans lequel passé, présent et futur ne sont qu’une question de point de vue et de cadrages. Tout est là, cependant, on a accès qu’au temps présent, d’où cette sensation de fuit en avant, qui ne serait qu’une perception déformé de la réalité. Loin des folies visuelles d’un Interstellar qui s’inspirait des mêmes théories quantiques, Endorphine est plus proche d’une réalité palpable que l’on ne peut atteindre que théoriquement, ou comme ici à travers l’expérimentation cinématographique.

Tiré du journal du festival de Sitges 2015 : lire l'article entier sur mon blog...

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