Amusante et distrayante, cette variation reste impersonnelle au possible à vouloir plaire à tous.

Avis sur Enola Holmes

Avatar Rémy Fiers
Critique publiée par le

« Sherlock Holmes », l’œuvre la plus célèbre de Sir Arthur Conan Doyle n’en finit plus de faire des émules et des déclinaisons plus ou moins directes. Voici donc l’histoire de sa petite sœur dix ans après les deux films survitaminés de Guy Ritchie. D’ailleurs, on retrouve des accointances avec la mise en scène de ce dernier dans « Enola Holmes », avec des plans toujours en mouvement, des accélérés et un montage très vif. Une réalisation dynamique et à propos qui colle parfaitement avec ces aventures jeunesse pour toute la famille. La comparaison s’arrête là puisqu’on est davantage ici dans une histoire pour les adolescents, ou tout du moins les spectateurs proches des seize ans de l’héroïne titre. En effet, l’absence de violence, le flirt très pudique du personnage et le côté enquête en culottes courtes font penser à une adaptation de la bibliothèque verte ou rose que pouvaient lire les jeunes dans les années 80/90. Il ne faut donc pas s’attendre à un divertissement fouillé, dur ou même complexe, « Enola Holmes » est assurément le pendant jeunesse de son grand frère.

La relative bonne appréciation de ce long-métrage, certes divertissant mais loin d’être inoubliable, vient du punch et de l’entrain de son interprète principale Millie Bobby Brown. Elle est parfaite dans la peau de cette jeune ingénue au tempérament revêche. On ne peut pas en dire autant du reste du casting : Helena Bonham Carter fait de la figuration, Sam Calfin est horripilant et Henry Cavill est trop effacé et sonne faux en Sherlock Holmes. C’est du côté du jeune homme qu’Enola va secourir incarné par Louis Partridge que l’on trouve un peu de fraîcheur pour un duo bien assorti. Tout cela est plein de punch, vif, entraînant et sans temps mort et fait passer un agréable moment bien que le féminisme martelé du projet dans le scénario comme dans sa proposition de base fatigue un peu et apparaît comme opportuniste et à la mode. Un sentiment de vouloir plaire a tout le monde pour un rendu parfois impersonnel et formaté.

Le gros point faible de ce long-métrage est son scénario. Le prologue est parfait et présente bien les enjeux et le mystère à élucider mais la suite du script s’imbrique mal. D’un côté la disparition de la mère et de l’autre le complot contre le marquis se marient très mal et on a la désagréable impression que cette histoire n’a pas été peaufinée comme il se doit et ne sert que de vecteur basique aux pérégrinations de notre jeune héroïne. Notons aussi des décors et costumes au poil mais des effets spéciaux sur les plans larges très mal intégrés au reste à tel point qu’on dirait un film d’animation lors de certaines séquences. Tout à fait regardable, joyeux et amusant, cette variation jeunesse et féministe de l’un des plus grands détectives privés de la littérature n’est pas renversante mais plaira à son cœur de cible sans aucun souci. De là à en faire des suites, c’est un pas que nous ne franchirons pas.

Plus de critiques cinéma sur mes pages Facebook et Instagram Ciné Ma Passion.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 47 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de Rémy Fiers Enola Holmes