De Cape et de Cruise

Avis sur Entretien avec un vampire

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Un journaliste (Christian Slater) interviewe un homme dont il ignore tout (Brad Pitt), l’ayant rencontré dans la rue et étant tombé immédiatement sous son emprise. C’est avec horreur qu’il apprend que ce dernier est en réalité un vampire, et qu’il est « né » au XVIIe siècle. Son histoire va s’avérer glaçante…

Enfin, glaçante pour le journaliste seulement, parce qu'en tant que spectateur, on ne ressent rien du tout. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, pourtant, mais le pénible cabotinage de Tom Cruise, dans un rôle taillé sur mesure pour Johnny Depp (qui a été envisagé pendant un temps) fait du film de Neil Jordan un calvaire en son genre.
Non que le cabotinage soit si catastrophique que cela, mais voir l’immense Tom Cruise s’abaisser à de telles pitreries à la veille de prouver toute l’étendue de son talent dans son futur chef-d’œuvre Magnolia (à partir duquel sa carrière deviendra un quasi-sans-fautes) a quelque chose de presque inhumain. Neil Jordan est habitué à ridiculiser ses acteurs (souvenons-nous d'Angela Lansbury perdue dans le catastrophique La Compagnie des loups), mais quand même... Surtout que ce n’est pas le reste du casting qui va relever la sauce, Brad Pitt tentant de décrocher la Palme d’Or de la meilleure endive de l’année pendant qu’Antonio Banderas est trop occupé à se regarder dans le miroir pour essayer de jouer. Quant à la pauvre Kirsten Dunst, si elle semble lorgner le même prix que Brad Pitt, on comprend en tous cas mieux qu’après avoir subi le traumatisme psychologique d'incarner un rôle aussi malsain à 12 ans, sa carrière en soit arrivé là où elle en est aujourd’hui…

Ajoutons à cela un scénario d'une vacuité sans pareille, qui n'arrive jamais à faire décoller son sujet : la confrontation entre Louis et Lestat pourrait introduire une réflexion plus ou moins intéressante sur la vie éternelle, le poids de nos actes passés, l'amour impossible, etc. Mais là, rien de tout cela : on nous dit qu'être un vampire, c'est dur parce qu'il faut tuer et qu'on ne peut plus mourir, et... C'est tout, les mecs ? C'est pour ça que vous nous avez fait venir ? Merci pour le scoop ! D''originalité, le script est totalement dénué, et si certains ont cru voir de l'audace dans cette image d'un couple pédophilo-homoparental, on se demande s'ils se sont vraiment interrogés sur la portée de cette représentation, incarnée par trois êtres pervers et sanguinaires, dans lesquels on espère que les défenseurs de la liberté sexuelle ne se reconnaîtront pas... (Ou alors, ça devient grave)

Fort heureusement, Neil Jordan ne s’est pas totalement entouré d’incompétents, et si son film ressemble à quelque chose, ce n’est pas grâce à ses acteurs, mais grâce à ses techniciens, notamment l’incontournable Philippe Rousselot, un des directeurs de la photographie les plus rigoureux de son époque. De même, en plus d’une image constamment maîtrisée, la musique d’Elliott Goldenthal vient donner un minimum d’intérêt à un récit si ennuyeux qu’on est heureux que les envolées musicales de Goldenthal nous maintiennent en éveil pour essayer de pouvoir dire qu’on a quand même vu le film en entier. Mais de toute façon, on ne voit pas vraiment quelle gloire on pourrait tirer d'un tel exploit...

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