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Eragon par Julie Splack

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Adapté du best-seller d'héroic-fantasy de Christopher Paolini, Eragon est le premier long-métrage, et le dernier à ce jour d'ailleurs, de Stefen M. Fangmeier, spécialiste des effets spéciaux. Un film qui a engendré un vif mécontentement chez les amoureux du livre, le considérant comme une adaptation bâclée, infidèle et très médiocre. Inutile néanmoins d'avoir lu le bouquin pour comprendre qu'Eragon, qui aurait pu offrir un spectacle épique, se trouve être un lamentable gâchis. Les raisons sont limpides et multiples, à commencer par son scénario qui tient sur une feuille de papier toilette. Son déroulement totalement linéaire laisse une impression de vide désagréable, appuyée par l'absence de rebondissements, ou de quelconques péripéties qui auraient su aiguillé notre intérêt. On reste finalement assez indifférent à l'histoire d'Eragon et les enjeux qui pèsent sur lui, tant le film est plat, convenu et prévisible. La personnalité des protagonistes et les relations qu'ils entretiennent entre eux sont survolées, sans aucune profondeur ni finesse. La dragonne Saphira qui gagne sa taille adulte en deux battements d'ailes, l'entraînement et apprentissage express d'Eragon, le fait qu'il amène l'armée du roi comme un gros couillon jusqu'aux portes de Vardens, ses craintes et sa remise en question personnelle à deux francs six sous, ou encore la bataille finale expédiée en 5 minutes... Autant d'éléments qui donnent un sentiment de précipitation, de facilité et de négligence au film, ce qui est finalement peu surprenant compte tenu de sa trop courte durée (1h45). On y comprend la volonté de rendre le long-métrage accessible, pas trop casse-tête, et adapté à un public jeune et avide d'héroïc-fantasy, surfant sur le phénomène encore récent du Seigneur des Anneaux. Mais Stefen Fangmeier n'est pas Peter Jackson, ça se saurait. Bien qu'il ne faille pas comparer l'incomparable, il n'y a qu'à jeter un œil aux décors qui, en plus d'être rares, sont franchement médiocres, avec en tête le château de Galbatorix. Autre point à vous donner envie de vous éclater la tête contre les murs: Les dialogues. Creux, ineptes, et qui plus est répétitifs ("Soit prudent" par-ci, "Soit prudent" par là...), on en vient même à détester Saphira dés qu'elle se met à penser tant ses répliques sont irritantes. Son doublage français, aussi vivant qu'un répondeur téléphonique, y est peut-être aussi pour quelque chose. Du côté du jeune dragonnier, on serait vite tenté d'être agacé par son arrogance, et son côté chevaleresque un peu chiant, ainsi que par son côté bien propre sur lui, bien trop d'ailleurs pour un paysan. Je n'ai d'ailleurs pas été emballé par son interprète Ed Speleers, pas franchement charismatique. Toujours côté casting, on retrouve John Malkovich, qui aurait pu être absent que ça aurait pas changer grand chose, Sienna Guillory, charmante mais assez transparente, et Robert Carlyle, qui est quant à lui vraiment méconnaissable et convaincant en sorcier maléfique vilain pas beau. Mais on notera surtout la présence de Jérémy Irons qui, avec son charisme impertinent, remonte le niveau tristement bas du film. Néanmoins, tout n'est pas à jeter dans ce Eragon, car le film jouit des fabuleux paysages hongrois et slovaques dans lesquels il évolue, sans oublier les effets spéciaux de Saphira qui sont un réel plaisir pour les yeux. Des qualités toutefois mineures pour une œuvre qui aurait mérité un peu plus d'ambition, de maturité et de moyens. Alors qu'il était question d'une suite, l'engouement très mitigé pour le film mit fin au projet, et c'est certainement pas plus mal. En espérant qu'un jour un reboot verra le jour, faisant justice à une histoire qui mérite nettement mieux.

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