Quand Woody change de disque

Avis sur Escrocs mais pas trop

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Au début des années 2000, beaucoup s’accordent à dire que Woody ne sait faire que du Woody, c’est-à-dire mettre en scène un intellectuel newyorkais, juif, terrifié par la mort et en perpétuelle quête de réponses existentielles. Woody prend alors le public à revers (on est encore loin du tour d’Europe, initié en 2004 avec "Match Point"), en incarnant un petit escroc raté, ex-taulard et fier du surnom de "Cerveau", dont l’ont sarcastiquement affublé ses codétenus.

On découvre un Woody "beauf" : avec ses vêtements, ses meubles, ses projets de braquage de banque, sa femme, sa passion pour les hamburgers et le Coca, il se crée un nouveau personnage, à l’exact opposé du Woody traditionnel, et aborde des thèmes parfaitement inédits, tels que les nouveaux riches et leurs obscénités, la mal-bouffe et la sous-culture.

"Escrocs mais pas trop" n’est certainement pas le meilleur Woody, mais il est unique dans la filmographie de l’homme qui réalise un film par an depuis 40 ans, car il y prend à contre-pied tous ceux qui attendent de lui qu’il développe à l’infini son personnage et ses histoires d’intellectuel newyorkais.

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