« Bonjour. Je m'appelle Michel et je suis membre du Comité d'Attribution des Titres Français »

Avis sur Et (beaucoup) plus si affinités

Avatar Hugo Grellié
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Face à la concurrence étrangère, le cinéma français est parfois bien en peine lorsqu'il s'agit de convaincre un public, il faut le reconnaître, bien peu patriote. La « préférence nationale », ils ne semblent pas connaître. Ah ça, lorsqu'il s'agit d'avaler des produits préfabriqués par Hollywood, ils se bousculent au portillon, mais quand on leur propose de vrais films d'auteur, il n'y a plus personne ! Excusez-moi, je m'énerve.
Bref, il me fallait agir avant qu'il ne soit trop tard. Avec mes amis François et Roger, nous avons fondé ce Comité qui allait nous permettre de rendre au cinéma français la place qu'il mérite : au-dessus des autres. Le stratagème était bien rôdé : il nous fallait saboter les œuvres étrangères de l'intérieur.
Notre première victime, vous l'avez devant vous, est un film irlando-canadien : « The F Word » en version originale, « What if » aux États-Unis. Dans les deux cas, du pur charabia ! Nous nous sommes creusés les méninges pour trouver la traduction la plus repoussante possible. Le challenge était en effet de taille : la vedette du film n'est nul autre que Daniel Radcliffe, et nous craignions que les jeunes fans de la saga « Harry Potter » ne cherchent à regarder ce film quelque soit le titre français. S'ensuivirent d'intenses discussions et de savants calculs pour déterminer le titre le plus agaçant qui soit. Et finalement, il nous apparut comme une évidence : ce sera « Et (beaucoup) plus si affinités ».
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« The F Word », donc, n'est pas si mal. Et c'est déjà bien, lorsque l'on voit tout ce qui peut se faire de franchement mauvais dans le genre romantique.
Sur le fond, et c'est le plus gros reproche à faire à ce film, il n'est pas du tout original. L'histoire est connue, les ressorts scénaristiques également ; la sensation de « déjà-vu » domine. Recenser tous les clichés du film me prendrait trop longtemps, la seule lecture du synopsis vous révélera l'intrigue et la fin ; vous êtes prévenus.

Malgré cela, le réalisateur est tout de même parvenu à me faire entrer dans le film, en dépit d'un premier quart-d'heure peu convainquant. La faute au casting, principalement.
Daniel Radcliffe, commençons par lui puisque nous l'avons déjà mentionné, prend une trajectoire cinématographique intéressante. Sans m'y attendre, je tombe sur lui pour la troisième fois en peu de temps avec « The F Word », après avoir visionné « La Dame en Noir » et « Kill your Darlings ». Si l'on y ajoute « Horns » (que je n'ai pas vu), cela témoigne de son envie de se montrer versatile aux yeux des réalisateurs, et on ne peut que le saluer pour ça. Je suis curieux de voir quels seront ses projets par la suite.
Zoe Kazan, ensuite. J'ai un gros faible pour cette actrice depuis « Happythankyoumoreplease » et « Ruby Sparks ». Son rôle est toujours plus ou moins similaire mais difficile de ne pas lui succomber. C'est ce qu'on lui demande, et je ne cesse d'être surpris par la palette d'émotions qu'elle parvient à rendre crédibles aux yeux du spectateur. Comme D. Radcliffe, je serais vraiment curieux de voir ce qu'elle pourrait donner dans un rôle un peu différent.
Et un point de plus pour nous offrir 45 secondes d'Oona Chaplin. Donnez-lui un premier rôle et ma note minimale sera 8/10.

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