Everybody's gotta learn sometime

Avis sur Eternal Sunshine of the Spotless Mind

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Après une première collaboration bien loufoque (Human Nature, 2001), Michel Gondry et le scénariste Charlie Kaufman se lançaient dans cette histoire de voyage mental un peu dans le sillon de Dans la peau de John Malkovich (également écrit par Kaufman). Là aussi des personnes extérieures à une autre "entrent dans sa tête" pour faire des choses dedans (manipuler quelqu'un chez Spike Jonze, effacer la mémoire de quelqu'un chez Gondry).

Les deux films confrontent également la réalité et les délires mentaux, avec des adultes jouant comme tel l'enfant qu'ils étaient autrefois. La réalité connue se tord, s'efface, se disperse d'un lieu à un autre, d'une époque récente à une plus lointaine à travers la mémoire de Joel (Jim Carrey).

Eternal sunshine... a des aspects drôles, mais l'ambiance est bien différente de celle d'Human Nature. L'ensemble est triste et dépressif. Jim Carrey était visiblement en pleine période dépressive à l'époque où Gondry est venu le voir avec le projet. Le réalisateur lui avait alors demandé de rester dans cet état pour le rôle et cela s'en ressent. Carrey ne s'éclate pas comme il le faisait pourtant sur des projets dramatiques comme The Truman Show (Peter Weir, 1998), rigole rarement et dégage une tristesse constante dans son jeu. Il est sobre comme vidé de tout, là où Kate Winslet est plus énergique et vivante. Le plus incroyable est de se dire que Carrey est parfait dans le rôle, alors qu'il était un second choix (Nic Cage devait jouer Joel).

Au casting, on retrouve aussi Kirsten Dunst, actrice ayant également eu des phases dépressives dans sa vie. Son rôle est probablement le plus poignant du film. Elle intervient dans peu de scènes, mais la conclusion de son arc est terrible émotionnellement.

Gondry s'est amusé au montage, jouant avec la perception du spectateur. Le réalisateur plonge le spectateur en plein délire, se permettant de dézinguer la structure même du récit, tout en rendant cela naturel au montage. Le spectateur ne s'apercevra du pot aux roses qu'à la toute fin.

Eternal sunshine... est le récit d'une histoire d'amour qui commence, se termine et renaît de ses cendres. Une des romances les plus touchantes du XXIème siècle.

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