En attendant Frank or Francis

Avis sur Eternal Sunshine of the Spotless Mind

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Critique publiée par le

Michel Gondry s'affiche comme une valeur sûre du cinéma US. Personnellement je n'ai pas aimé sa production au delà de la science des rêves. Son dernier film, The we and th I, a d'ailleurs l'air un peu trop mou, et trop social, mais bon je me base là sur une bande annonce.

Eternal Sunshine est un film que j'apprécie beaucoup, mais que je ne considère pas pour autant parfait.

Au point de vu scénario, tout se passe dans la première demi heure. Il s'agit d'une rencontre romantique racontée en 30 minutes, là où un autre n'en prendrait que 5. Et ça fonctionne. Il y a un petit jeu du chat et de la souris entre les personnages qui dévoilent directement leur personnalité, et annonçant ainsi leurs mésaventures. C'est beau et c'est intelligent. En plus la caméra filme plutôt bien. Peut être Gondry en fait il trop par moment alors qu'il s'agit d'un passage calme où l'excentrissité n'a pas sa place; en fait, j'ai trouvé que la caméra bougeait trop que le réal multipliait trop les points de vue dans ce wagon de train. On pourra aussi reprocher un aspect un peu artiste prétentieux ou pompeux. Moi ça ne m'a pas trop dérangé.

Ensuite, pour les 60 minutes qui restent, et bien tout coule de là, comme la toile d'araignée gravite autour de son centre. Il y a de belles scènes, mais c'est répétitif, voire un peu creux. J'associe cette partie à de l'impressionisme, c'est à dire que c'est beau esthétiquement, il y a vraiment de belles trouvailles artisanales (et Gondry, bien prétentieux, aime à faire savoir que personne ne lui faisait confiance quant à sa méthode), mais que le contenu est quasi inexistant. Il y a bien une évolution dans la fuite de Joel au payx des rêves, mais les variations sont trop légères pour être vraiment mémorables. Ce qui fait tenir le reste du film, c'est l'histoire des personnages secondaires, les médecins. Sans ça, je pense que l'on se ferait vite ch*er. Ca prouve aussi que Kaufman, que j'apprécie beaucoup, sait ce qu'il fait, qu'il reconnaît les défauts de son histoire, qu'il sait ce qu'il manque. On a là d'ailleurs un beau jeu d'équipe où le scénariste accepte de se mettre en retrait pour laisser le réalisateur s'exprimer et puis le contraire.

Malgré cet aspect décousu, j'aime ce film pour les audaces expérimentales qui le gouvernent. Gondry et Kaufman ne font peut être que donner l'illusion d'une révolution cinématographique (en fait ils usuivent scrupuleusement les codes d'un genre romantique), mais ils réussissent néanmoins à y insuffler quelque chose de rafraîchissant. Et ça c'est déjà pas mal. C'est maladroit mais j'aime cette maladresse. Le film tourne vite en rond au delà de cette idée de départ assez forte, mais ce n'est pas grave car il y a tout une beauté plastique à admirer. C'est un peu comme des peintures réalisées selon le pointillisme: souvent on s 'en fiche du sujet, on se contente simplement de plonger le regard dans ces pixels picturaux.

Bref, un film très conceptuel au niveau formel poussé par une première scène phare maîtrisée dramaturgiquement parlant. Chapeau!

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