Au nom du père, du fils et de l'esprit de contradiction

Avis sur Eternal Sunshine of the Spotless Mind

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Jour 4 du confinement- J'ai épuisé une grande partie des films de ma To watch list et je commence sérieusement à baliser. Comme à mon habitude, étrangement, j'ai commencé par regarder les films pour lesquels je portais le moins d'espoir. Sans grande surprise, cela fait donc 3 jours que je regarde des films maussades m'inspirant un sentiment de lassitude et de déjà vu jusque là inégalés dans mes expériences cinématographiques. Pour couper court à ce cercle vicieux de la perte de plaisir cinévisuel, il me faut du lourd, du très lourd. Je me tourne alors vers Eternal Sunshine of the Spotless Mind. L'un des films préférés de ma soeur, une pépite d'après la profession (1 Oscar, 2 Bafta Awards) et le grand public (une moyenne de 4,2 sur Allociné).

Aurais-je sacrifié Eternal sunshine sur l'autel de ma neurasthénie épidémique ? Telle est la question.

L'histoire : Joël, jeune homme timide et introverti et Clémentine, jeune femme lunatique et spontanée, tombent amoureux. Mais bien vite, la fin de leur relation s'annonce et Clémentine décide d'effacer de sa mémoire toute trace de leur relation. Effondré, Joel contacte l'inventeur du procédé Lacuna, le Dr. Mierzwiak, pour qu'il extirpe également de sa mémoire tout ce qui le rattachait à Clementine. Pourtant, au fur et à mesure que les souvenirs défilent, Joël éprouve des regrets et cherche à tout prix à conserver le souvenir de leur liaison.

Le scénario est parfait, au sens positif du terme. Il est sophistiqué sans être incompréhensible. Les va-et-vient dans le temps se font avec fluidité, les transitions sont de bonne facture et permettent au spectateur de rester plongé dans l'histoire. Les acteurs, je ne vous apprends rien, sont des sommités du cinéma hollywoodien qui parviennent toutefois à nous surprendre dans leur rôle à contre-emploi (un Jim Carrey triste, une Kate Winslet loufoque). La fin est grandiose de simplicité et d'ingénuité. On échappe à la tentation du moralisme ou de l'happy ending vomitif.Du pur génie. Alors qu'y a-t-il ? pourquoi mon manque d'allant ne s'envole-t-il pas ?

Deux éléments s'entremêlent et peuvent faire office d'explication. Tout d'abord, je ne suis pas la seule, au vu des commentaires du film, mais je ne crois tout simplement pas à l'histoire d'amour de notre couple Joel-Clémentine. Malgré l'envie, je n'y mords pas. Serait-ce un manque quantitatif de scènes prouvant leur complicité ? Serait-ce une incapacité personnelle à s'imaginer deux individus aux personnalités si contradictoires unies ? Au fonds, peu importe. Autant dire que si un film censé raconter une histoire d'amour ne parvient pas à vous faire croire à celle-ci, on est sur du ratage en beauté. Il est toutefois également possible que ce désintérêt découle tout simplement de mon esprit de contradiction. L'envie de ne pas partager les mêmes goûts que ceux de ma soeur et la majorité.

Alors devant tant de questions laissées sans réponse, un constat : j'ai rarement été aussi indécise devant un film. Je n'ai par conséquent qu'un conseil : regardez-le. Faites-vous vous même votre avis et éclairez les lanternes de mon indécision.

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