"Il va y avoir un tsunami"

Avis sur Eureka

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C'est dans un magnifique écrin sépia que Shiji Aoyama nous convie à un long, mais jamais fastidieux, voyage vers la lumière. Récit d'une reconstruction, d'un "départ à zéro", Eureka se découpe en trois parties : la première - l'élément déclencheur, le drame, ne dure qu'une dizaine de minutes - la deuxième est un glissement narratif inextricable, prenant place deux ans plus tard sur les lieux du crime, qui amène l'ultime partie : l'élévation, hors des ténèbres, de ce quatuor de personnages brisés par la vie, à travers un road-trip salvateur dans les paysages désertiques du sud-ouest de l'archipel japonais.
Plastiquement irréprochable, Eureka dilue au cours de ses 3h30 quelques sommets visuels gonflés de nostalgie (certains plans en Scope sont véritablement splendides). Mais Aoyama n'est pas seulement un as de la photographie, il sait aussi garder notre attention malgré la longueur hors-norme de son métrage. Car là où il serait aisé de parler de contemplation, je préfèrerais évoquer l'abstraction. L'abstraction émotionnelle et structurelle. Décrivant lui-même son film comme "une prière", celui-ci obéit à ses propres règles (le climax du film au début, par exemple), trouvant étonnement toujours le juste milieu des choses que ce soit narrativement ou picturalement.
Alors certes, un tel film présentera toujours quelques instants de flottement et aurait peut-être gagné à être un chouïa plus court, certes le récit met longtemps à démarrer (comme dans ces livres que l'on sait pertinemment qu'ils vont être excellents mais qui mettent 200 pages à capter notre attention totale) et les personnages auraient gagné à sembler plus profonds, mais il serait dommage de se priver d'une telle balade, lourde et vaporeuse brise aux embruns mélancoliques.

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