Mater Dolorosa.

Avis sur Europe 51

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Et bien, sublime. A ma grande surprise ce film transcende largement les codes du néo-réalisme traditionnel, en faisant de l'héroïne une martyre sociale et christique parfaitement incomprise d'un monde plongé en pleine après-guerre (mais qui pourrait parfaitement être le nôtre) où les hommes sont tous pleutres : le prêtre agitant l'étendard du devoir conjugal pour refréner l'Agapé de la bourgeoise repentie jouée par Bergman, le mari masquant mal sa jalousie vis à vis d'un socialiste, Andréa, servant de personnage transitionnel entre le monde feutré de la bourgeoisie, et celui de la misère des pauvres.

Rossellini est parvenu à mettre en évidence quelque chose d'assez complexe à retranscrire au cinéma : les vues de chacun, dont certaines ont la saveur du désintérêt réel et d'autres celles du conformisme gras sous couvert de bienveillance. La Charité et la main de fer dans un gant de velours, en duel.
Film réussi pour moi.

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