Eva ne dort pas, mais Manar si !

Avis sur Eva ne dort pas

Avatar Nicolas Villemagne
Critique publiée par le

C'était chiant !

Si vous avez lu ce qui est écrit ci-dessus, et que vous voulez aller plus loin c'est à vos risques et péril.

Film vu à la Cinexpérience #24, Eva ne dort pas est un docu-fiction qui se prend pour une fiction... J'entends par là que le film n'assume pas à 100% son coté documentaire, et que cela est bien dommageable, car le film aurait beaucoup à y gagner.

Le film retrace l'histoire du cadavre de Eva Perón qui pendant 22 ans n'a pu "réellement" trouvé le repos, pour des questions politiques. Malheureusement ces questions politiques ne sont pas développées à l'écran, les personnages ne sont pas présentés outre mesure que part le chapitrage du film, ce qui entraîne une compréhension approximative du film, et un détachement quasi-immédiat avec les personnages.

Le réalisateur, Pablo Agüero, justifie cela part le fait que tous les films argentins prennent position, et que lui ne voulait pas faire ça. Très bien, c'est tout à fait louable de sa part, mais ne pas prendre position, était-il judicieux pour l'objet filmique qu'il nous propose ? La réponse est non.
Car si une fiction n'a pas d'enjeux, n'a pas d'objectif (outre le fait que ce cadavre puisse être enterré en Argentine [mon dieu qu'est-ce qu'on s'en fout]), que ses personnages ne soient pas travaillés, qu'il n'y ait pas de fil rouge, de personnage centrale (en dehors du cadavre une fois de plus), je veux dire, le film a quel intérêt ? Et c'est ici que le réalisateur nous parle qu'il trouve dommage qu'aujourd'hui il n'y ait plus d'expérimentation dans le cinéma, tout en se dédouanant, si cela pouvait en gêner certains, que son film n'est pas expérimental... Alors effectivement il ne l'ait pas dans le font, mais dans la forme, peut-être un peu (ça après c'est à vous de juger).

Ce qui est très vite malaisant (oui ce mot n'existe pas, mais j'aime l'employer), c'est qu'en plus d'un récit en dents de scie, le film ne bénéficie pas d'une mise en scène (non, vous ne rêvez pas, je n'ai pas dis: "d'une bonne ou d'une mauvaise mise en scène), car chaque séquence à était tourné en plan-séquence (et si certaines scènes ont des coupes, elles se sont faites au montage, dixit le réalisateur), on a donc là un film vide aussi bien techniquement et artistiquement, si ce n'est la photographie du film qui vient apporter une légitimité au film d'exister, avec les comédiens, bien évidemment.

Car oui la photographie du film est vraiment bonne, et le casting est vraiment plaisant: Denis Lavant qui irradie le film de sa présence, Gael García Bernal qui n'est là que pour faire vendre le film en Argentine et avoir une légitimité d'exister, Nicolás Goldschmidt compère de Denis Lavant dans le film est un des seuls autres protagonistes à vraiment nous marquer, même si Sofía Brito avec sa petite larme qui coule arrivera tout de même à marquer la fin de sa partie; quand au reste du casting, même sil n'est pas mauvais, il n'apporte pas grand chose.

Certes le film a faillit ne jamais voir le jour (quel dommage, non ?), il a eu un petit budget, seulement 20 jours de tournages... Mais faut-il pour autant qu'il manque tant de profondeur ? (oui, c'est à vous que je pose la question)

Pour ma part, je pense vraiment que le MÊME film, tourné en documentaire aurait eu plus d'impacte, et aurait mieux réussi à captiver son public.

Bref, je n'ai pas aimé, je me suis emmerdé, j'ai étais très déçu par la mise en scène, et qu'un tel sujet (car oui le sujet est fort) ne soit pas mieux traité; voilà, donc je ne vous le conseil PAS !

PS: Merci à Manar qui m'a inspiré ce titre d'une grande originalité.

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