Bienvenue dans la Sex-Machina

Avis sur Ex Machina

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C'est l’histoire d’un mec qui tombe amoureux de Siri avec des seins. Ah non, ça c’est Her. L’intelligence artificielle pour moi, c’était Minority Report et Will Smith. Autant dire que ça n’allait pas loin. Pourtant, pleine de bonne volonté et sans préjugés envers les roux, je m’installe donc tranquillement pour faire face à ma première projection sans sous-titres au cinéma. Tout va bien, la profondeur des dialogues n’a d’égal que mes capacités linguistiques. Je vais donc pouvoir me plonger dans Ex Machina telle ma main avide dans mon cornet de pop-corn salés au beurre (oui, c’est écœurant).

Là, il y a un mec, on dirait qu’il vient de gagner le ticket d’or de « Charlie et la Chocolaterie ». Et le bougre reste bien niais pendant la majeure partie de l’histoire donc autant s’habituer tout de suite. Quand bien même on l’abandonne au milieu de nulle part sans réseau, quand bien même sa chambre d’hôte ressemble à un bunker, quand bien même un mec hyper chelou qui picole non stop lui demande de renoncer à toute liberté. Que les choses soient claires : Caleb (le gentil geek rouquin) a peut-être gagner un concours mais c’était pas le prix Nobel en détection de mégalo pervers. On se croirait limite dans une version dramatique de Minus et Cortex (ça tombe bien, le crane rasé met bien en valeur l’encéphale dominant de Nathan, le savant fou joué par Oscar Isaac) sauf que Cortex aurait fait de la gonflette. Là, le mégalo alcoolo demande à Caleb de tester un robot à l’intelligence hors du commun afin de déterminer l’existence d’une conscience dans la machine. Badant. Et bandant apparemment aussi vu que le robot en question a les traits d’une femme. Nous apprenons d’ailleurs que l’engin est tout à fait baisable. Pratique quand l’adjectif « puceau » semble clignoter sur le front du rouquin. Cependant, quelque chose me tracasse : il faut être sacrément fétichiste pour se mettre en couple avec un sextoy géant. Mais après Her et les orgasmes de processeur, il faut bien

Sur certains points, le scénario semblait revisiter La Piel que habito sauce Facebook/Google. C’est frappant : une nana bizarre coincée aux cheveux courts (si on fait abstraction de ses organes d’aspirateur), espionnée par des caméras et enfermée dans une chambre vide à crever (ôôô longs regards de chaton à la caméra à l’attention du geôlier/amant), le génie obsédé par sa créature, les expérimentations à la recherche de la bonnasserie, etc. Sauf que là où La Piel que habito mettait profondément mal à l’aise grâce aux névroses de l’univers almodovarien dans les méandres d’une histoire glauquissime et bouleversante, Ex Machina paraît bien plat une fois que l’on comprend que l’on assiste à une battle de programmation entre un fan de YouPorn et un nerd tout juste sorti de l’adolescence. Tout ça pour ne même pas conquérir le monde avec une armée de poupées gonflables… A part essayer de faire flipper le chaland quant au potentiel détournement de ses données personnelles par les géants afin de créer des robots intelligents, Ex Machina apparaît plutôt comme le face à face de deux fétichistes mous du slip.

Cinematraque

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