1er film étonnamment bluffant, oscillant entre trash craspec & humour noir déconcertant...

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Ne vous fiez pas au titre (ce qui pourrait bêtement en rebuter plus d’un), en effet ce dernier n’a aucun rapport avec cette pratique barbare couramment effectuée en Afrique subsaharienne. Alors pourquoi ce titre ? A vrai dire on n’a pas réussi à en trouver le sens (ni le rapport), Richard Bates Jr. adapte seulement son court-métrage éponyme (2008) et réalise ainsi un premier long-métrage étonnamment bluffant, oscillant entre le trash craspec (on a dénombré plusieurs évanouissements à L’Étrange Festival) et l’humour noir déconcertant. On part à la rencontre de Pauline, une adolescente en plein âge ingrat, mise à l’écart dans son lycée par les autres élèves (il faut dire que son physique est assez repoussant, elle ne prend absolument pas soin d’elle, est habillée comme un mec, a les cheveux sales, des boutons et le visage terne), entre une mère trop protectrice et détestable, un père (bien que présent, il n’a pas l’air de se sentir concerné par sa famille) et une petite sœur atteinte de fibrose kystique (mucoviscidose), Pauline est loin d’être le centre de la famille et finie par s’enfermer dans son petit monde, faisant chaque nuit des rêves érotiques relativement gore et sanguinolents (elle est obnubilée par les opérations chirurgicales !). Sa mère refusant de l’amener voir un psychologue (préférant consulter le prêtre du quartier), Pauline s’enlise inlassablement mais sûrement dans un univers malsain, ce qui prendra des conséquences bien plus alarmantes le jour où elle décidera de perdre sa virginité, elle finira par atteindre le point de non-retour. A l’image de May (2002) de Lucky McKee avec Angela Bettis, pour le côté sociologique & psychologique. A noter aussi, la formidable interprétation de AnnaLynne McCord (incroyablement enlaidie pour son rôle principale), aux côtés de Traci Lords (célèbre porn-star des années 80), Roger Bart (le pharmacien psychopathe de la série télévisée Desperate Housewives), Malcolm McDowell (dans le rôle d’un professeur) ou encore John Waters (dans la peau d'un prêtre, il fallait oser !).
Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce film a été présenté au Festival de Sundance en début d’année. Richard Bates Jr. prouve clairement qu’il est un metteur en scène à suivre de près, avec un film aussi bien gore qu’hilarant.

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