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Expendables 2 : Unité Spéciale

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(On pourra trouver quelques spoilers dans le texte quit suit)
Les délires régressifs, on a parfois tendance à se justifier de les aimer à coup de «c’est tellement nul que ça devient drôle ». ce genre de justification honteuse a souvent tendance à m’énerver, tant elles ignorent ce que le délire régressif en question peut transporter d’humaniste, le meilleur exemple étant pour moi You don’t mess with the Zohan. Point de ça ici. Le délire régressif est régressif et c’est tout. Quand Bruce Willis qualifie à un moment les Expendables de débiles psychopathes, il a parfaitement raison.

A un moment du film, le petit jeune de l’équipe explique qu’il a rejoint les Expendables car il avait marre des horreurs de la guerre en Afghanistan (http://i0.kym-cdn.com/entries/icons/original/000/010/277/genius-meme.png). Ben oui, les Expendables ils massacrent les asiats par paquet de trente, mais ça c’est pas horrible, c’est quand les américains meurent que c’est horrible. Ainsi, le petit jeune en question peut réduire en bouillie les cervelles et les tripes de ces faces de citron, de loin au fusil sniper, tout en gardant son innocence de jeune premier amoureux (d’une douce infirmière française, oui oui) à la jambe légère.

Là où je veux en venir, c’est que malgré la hype nostalgique qui entoure ce film, il ne faut pas oublier que comme les films dont il s’inspire, l’imagerie ainsi que le traitement les méchants subalternes trimballent des relents franchement impérialistes et racistes. C’est aussi ça qui caractérise le actionneur eighties que fait revivre Stallone, et il ne faudrait pas l’oublier derrière la joie de retrouver tout ce beau monde se mettre sur la gueule dans la bonne humeur. Non, ce qu’on attend du film c’est du fun régressif et vulgaire, du beauf pour le beauf qu’il y a en chacun de nous, et rien que ça. Venons-y.

Alors l’action est efficace, à savoir que ça castagne, tire et explose à tout va. La logique est exclue, et l’intrigue avance à coup de punchline plus ou moins réussies (avec du cynisme et de l’ironie hors de propos, on pourrait recenser les incohérences et en tirer un bouquin épais comme l’Etre et le néant). Coup de cœur aussi pour les cabotinages joyeux de Dolphy et de Van Damme en méchant sociopathe sanguinaire (on regrettera de ne pouvoir retrouver Van Damme dans le troisième opus, vu qu’il meurt à la fin… quoique ? http://www.ecranlarge.com/article-details-23601.php)

On regrette par contre que le montage reste aussi mauvais que sur le premier film, même si, et il valait mieux, le niveau général de production est bien meilleur. Il est aussi dommage et assez incompréhensible que les compétences martiales de certains acteurs soient aussi sous exploitées, cette brutasse de Scott Adkins en tête, qui finit rapidement en corned beef. A contrario, on a eu la décence de ne pas en demander trop à Chick Norris, grabataire depuis des années. Il donne bien un high kick à un moment, mais même si le plan est très court, on voit bien qu’il s’agit d’un trucage avec une fausse jambe.

On ne peut pas parler du film sans évoquer le côté très (trop ?) référentiel du casting all star. Les références clin d’oeil à la va-que- je-t’enfonce-mes-coudes-dans-tes-côtes pleuvent, et autant je trouve ce procédé facile et rassurant d’ordinaire, ici elles arrachent facilement le sourire, entre les chuck norris facts, les i’ll be back et autres yeepeekayee. On a même des références au premier film, mais ça je trouve ça plus limite (Par exemple le fameux dialogue du premier « mais qu’est ce qu’il fait ? » « il pend un pirate » « T’es pas sérieux…. Gunnar, tu fous quoi ?! » « Je pend un pirate ! » est ici repris tel quel, en remplaçant «pend un pirate » par «fabrique une bombe », ben oui dans la vraie vie Dolph Lundgren est ingénieur en chimie, comme Gunnar).

Au final, malgré des défauts de mises en scène et de montage et son côté ultra référentiel qui peut en agacer certains, il reste un côté super galvanisant, généreux et vraiment fun. Sly est une putain de machine, et à plus de 65 ans, il en remontre à tous. Je retiendrai notamment son excellent combat final contre Van Damme, qui mélange avec bonheur le premier degré vénère de l’étalon italien et le délire contagieux du karatéka belge.

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