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Expendables 2 : Unité spéciale par Anfalmyr

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Après un premier épisode certainement trop attendu qui ne pouvait finalement que décevoir l'enfant devenu grand que je suis; après un recrutement dans le casting totalement orgiaque augurant d'une partouze 80's des plus badass; voilà qu'Expendables 2 s'amène pour essayer de me convaincre là où le premier m'avait endormi. Réunir les vieilles icônes du cinéma d'action de mon enfance ne suffit pas forcément pour faire un bon film, ou au minimum un film fun. Comme le fait de revoir les photos jaunies d'un antique amour de jeunesse, je me suis replongé dans une culture décomplexée du film d'action qui a fait les beaux jours de mes soirées d'enfant.

Sans être fondamentalement mauvais, le premier Expendables réalisé par Stallone en personne, tenait plus de l'idée suicidaire de refaire un actionner bourrinos comme on en fait plus depuis 30 ans que d'une véritable ambition cinématographique de revenir, légendes de nos videoclubs à l'appui, montrer à la nouvelle vague qu'il ne suffit pas de filmer en shaky camera pour faire dans l'action viscérale. Mais le plus grand défaut de ce film à casting venait avant tout de son réalisateur, Sly himself. Car le réalisateur de Rocky Balboa et John Rambo ne sait pas créer un personnage autre que le sien, cette lacune s'en trouvait particulièrement explicitée lorsqu'il fallait construire un Team Movie avec tous les noms présents au générique. Au final, malgré un scénario des plus minables et une réal' en dent de scie, The Expendables s'offrait quelques scènes intéressantes, tantôt métaphore touchante des péripéties de ses acteurs, tantôt exutoire cathartique totalement gratos pour tous les geeks nourris aux séries Z des années 80, un mélange maladroit que seuls les amoureux de cet âge perdu pouvaient apprécier à sa juste valeur. Succès international des plus étonnant, Expendables s'est vu offrir l'opportunité de corriger ses tares dans un second volet. Alors, réussite ou plantage complet?

Alors que dans la salle une bande de gamines gloussantes perturbent l'intro du film, me faisant me demander si je suis dans la bonne salle et non à une projection de Sammy 2, Barney Ross et sa bande de Mercenaires s'invitent dans une forteresse d'Asie pour secourir un VIP. Explosion de violence sous fond de rire gras qui met directement dans l'ambiance fun et décomplexée de cet épisode, cette intro montre une équipe overbookée et toujours affutée, menée par un Sly qui a troqué son bouc pour une moustache d'ultragay particulièrement rigolote. L'occasion de nous présenter le jeune Billy, interprété par Liam Hemsworth, le frère de Chris "THOR". Un jeune Billy plein de clichés, de sa petite amie française à ses mésaventures en Afghanistan (le coup du chien errant est à se pisser dessus), le jeune premier au coeur pur vivant au milieu des vieux loubards attaqués par la rouille n'annonce qu'une seule chose : il sera la tragédie du premier acte qui déclenchera le reste du film. Bim.

Expendables 2 est donc un film de vengeance, où la "bande à Barney" va partir à la chasse de JCVD, rien que ça, qui a enfin accepté de venir faire le "Vilain" suite au succès du premier opus. un Jean-Claude en pleine forme mais malgré tout un brin survolé dans le film, qui n'arrive pas malheureusement à donner tout ce dont il est capable en terme d'acting comme il nous l'avait montré dans JCVD, justement. Se contentant de sourire derrière ses lunettes noires sensées cacher ses poches d'ex-cocaïnomane et de jouer du high-kick, le plus américain des belges est à mon sens sous-exploité dans ce film, tant le réentendre avec son ancien doublage français fait plaisir et nous flanque un bon gros coup de nostalgie.

Sans aller jusqu'à crier au génie, il faut avouer que cette histoire se suit avec plaisir et nous captive infiniment plus que la bousasse du premier épisode, ce qui n'était qu'une formalité tant le niveau était abyssal. Lorsqu'une bande de terroristes-mercenaires met la main sur plusieurs tonnes de plutonium datant de la Guerre Froide pour le vendre au plus offrant, les Expendables sont envoyés pour faire le ménage, et se venger du vilain en prime. Simple, efficace, un scénar' comme on en a vu des centaines à la belle époque et qui mettait en avant l'action et le défouloir visuel pour une décharge d'adrénaline des plus galvanisante. J'ai pris sincèrement un véritable kiff à suivre cette histoire; jamais surpris, j'ai néanmoins retrouvé la saveur des mes actionners préférés que je n'avais pas du tout ressentie sur le premier film. Ne cherchons pas de climax ou de subversion dans sa narration, non : The Expendables 2 est un putain de film fun, tout simplement.

Déjà rassuré par l'histoire principale, j'ai été également charmé par le ton du film, qui nous renvoie à notre propre vision de ces légendes, alors que le premier optait pour une approche plus intimiste. Alors que dans le premier volet Stallone nous parlait des acteurs et de la traversée du désert de chacun, Expendables 2 joue plus sur les mythes qui gravitent autour de ces acteurs en tant qu'icônes du cinéma des années 80. Que le personnage de Chuck Norris s'appelle Booker c'était déjà une sacré référence, mais qu'en plus il s'amène en nous sortant une "chuck norris's joke" c'est juste du fan service hallucinant ! Tout comme JCVD qui se sert de ses coups de pied pour tout, même pour se servir d'un couteau... Bref ça serait trop long de tout recenser mais il y a de quoi titiller votre culture de cinéphage dopé au gonzo pétaradant. Un des plus beaux hommages faits à cette époque, pour moi, lorsque l'équipe arrive dans un centre d'entrainement russe datant de la Guerre Froide, reproduisant à l'identique une rue de New York dans les 80's. Entendre Dolph Lundgren dire "on dirait chez nous" tandis qu'ils entrent dans cette "capsule temporelle", vestige de leur âge d'or, ruine d'une époque dont ils sont les pilliers et dans lequel ils passeront le moment le plus calme de tout le film, comme un retour salvateur à la maison... Magique.

Malgré l'abscence regrettable de l'excellent Mickey Rourke et l'apparition en coup de vent de Jet Li, je saluerais le rôle plus étoffé apporté à Bruce Willis et son duo presque comique avec Arnold Schwarzenegger, qui appuie une fois de plus si tant est qu'il en était encore besoin, l'ambiance décomplexée et presque festive de ce film. Plus qu'une tuerie particulièrement violente où les gerbes de sang épousent à merveille les démembrements gratos, je préfère parler d'une "bonne grosse marrade à savourer entre potes, la banane aux lèvres et le coca à la main". C'est la réussite folle de Simon West d'avoir fait d'Expendables un film marrant sans jamais être pathétique, et nostalgique sans se risquer d'être larmoyant.

Par delà ses défauts évidents, il faut prendre Expendables 2 comme un mélange intelligent entre A-Team et G.I Joe. Une histoire pretexte à une célébration joyeuse et libératrice des Légendes du Cinéma d'Action. Autoréférences nous renvoyant à notre propre foi en ces idôles, Expendables 2 réussit là où son grand frère s'était à mon sens lamentablement vautré : parvenir à marier à la fois la profession de foi envers l'actionner d'antan, et film d'action contemporain jouissif. Et comme le dit si bien Jason Statham dans le film : "A l'Ancienne, Y'a pas mieux!"

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