Murray Christmas!

Avis sur Fantômes en fête

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A l'heure où revient inévitablement ce froid vif et perçant qu'entrave à peine la plus douillette des écharpes en laine, où l'on dresse dinde et enfourne sapin - à moins que ce ne soit l'inverse: pour ma défense je ne mange pas de l'une et j'ai oublié l'autre cette année - qu'il est bon de s'emmitoufler confortablement dans une chaude couverture pour savourer une de ces sucreries de Noël pelliculées dont la digestion semble facilitée par la saison. Et quel meilleur choix qu'une adaptation du conte de Dickens, une énième, car son incontournable "A Christmas Carol" s'agite sur les écrans depuis l'invention bénie du cinématographe, ou peu s'en faut.
Point du Londres brumeux et miséreux de Scrooge, qui laisse ici place au New-York illuminé mais clinquant, avide et chronophage d'un directeur de chaîne de télévision. Point d'Ebenezer non plus, un patronyme sans doute par trop démodé même pour les années 80, mais un Bill Murray survolté et bel et bien Scroogé!

Noël oblige, l'indulgence est de mise pour cette petite comédie sans prétention. On y trouve sans surprise tous les bons sentiments de rigueur et les ingrédients indispensables du roman de Charles Dickens: fantômes de saison et rédemption. Sur ce point le tyrannique et égoïste Frank Cross, qui comme son modèle cent-cinquante ans plus tôt prend la sacro-sainte Tradition par-dessus la jambe car foutaises que tout cela, rappelle irrésistiblement un autre salaud attachant et surtout racheté, celui de l'inoubliable "Un jour sans fin" une demie décennie plus tard.
Mais si on trouve effectivement dans "Fantômes en fête" un Bill Murray en (très) grande forme, il y manque cette subtile mélancolie, ce désespoir à peine voilé: au pitre de supporter à lui seul le film dans son entier. Les rôles secondaires ne sont qu'à peine développés pour ne pas dire pas du tout; semés ici et là pour relancer le récit entre deux fantômes, juste assez esquissés pour qu'on puisse y reconnaître leur double de papier. Car le moins que l'on puisse dire c'est que l'on a connu Richard Donner - à qui on doit entre autre la quadrilogie "L'arme Fatale" - un poil (de renne) plus inspiré.

Mais qu'importe! Qu'importe que ce ne soit pas toujours très bon, avouons-le c'est un peu assorti au réveillon. Qu'importe les facilités, la morale convenue, le final attendu. Qu'importe, Noël c'est toujours un peu étouffe-chrétien.

Ah, et surtout et avant tout: qu'importe parce que... Joyeux Noël!

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