Ceci n’est pas un Fast & Furious

Avis sur Fast & Furious : Hobbs & Shaw

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La licence de la frime intégrale et des voitures à vingt vitesses est de retour, le monument à la virilité crasse et aux comédiens mono-rôle, ce contenant en fourrure de félin pour un contenu au tonus d’escargot, j’ai nommé le Taxi des Américains : The Fast and the Furious, devenu Fast and Furious chez nous, puis seulement Furious chez eux, et maintenant Hobbs and Shaw. Car ce neuvième épisode n’en pas un tout à fait, mais un spinoff plus qu’une suite de suite, pour capitaliser sur deux personnages apparus tardivement dans l’histoire des Rapides et des Furieux, du moins si tardivement veut dire au Vème et au VIème siècle après F&F. Peut-être conscients de cette facilité sans originalité, les producteurs se sont dits qu’ils allaient faire passer la pilule avec une allégorie, en sur-titrant dans un premier temps leur variation d’un « Fast & Furious presents », ce qui permettra aux critiques inspirés de tenter la comparaison avec l’anthologie Alfred Hitchcock presents ou pas, sinon de chercher à comprendre comment on peut exploiter à ce point la séquence centrale de Rebel without a cause. Car l’idée n’est pas de décontenancer l’estivant, mais de lui faire admettre qu’il ne verra pas cette fois Vin Diesel, l’homme qui n’a jamais besoin d’essence pour ses voitures, et qu’il ne s’agit pas pour autant de refaire l’erreur de Tokyo drift, où le bovin fait homme réapparaissait d’ailleurs à la fin.

Un enjeu à la M:I-2, un Reynolds à la Deadpool, et entre-deux un split-screen un peu balourd pour réintroduire les deux héros, l’association de Hobbs à Shaw ne commence par sous le signe de l’originalité, même si l’absence de caisses tunées avec des filles autour prouve que l’adolescence de la licence est passée. Et pourtant, et si l’on considère le scénario accessoire à côté des situations d’action et des bons mots, le constat s’impose assez vite, à la façon d’une évidence sans cause exacte : ça marche, et ça marche même mieux que dans la série d’origine. La séquence de l’avion, entre les cascades absurdes avec la moto sous le camion et le camion contre l’hélico, est le marqueur de cette réussite : pas de combats, que des dialogues, et deux acteurs qui ont forcément conscience de tenir quelque chose, d’autant qu’ils sont aussi coproducteurs. Car le discours sur la famille n’est pas abandonné, mais permet de compléter la caractérisation des protagonistes comme d’offrir une seconde fin après la destruction de la base, et la surenchère est assumée jusqu’à créer un humain augmenté, et finalement la synthèse du buddy movie et du film de super-héros.

Pour public averti (et qui doit se laisser surprendre à rire de nouveau dans un cinéma) : Hobbs & Shaw (2019) de David Leitch (qui se rattrape d’avoir foutu en l’air Deadpool avec Deadpool 2), avec The Rock & The Brit, mais aussi celui qui ne sera pas James Bond (Idris Elba) et celle qui jouait déjà bien mais pas trop dans Fallout (Vanessa Kirby)

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