Personne leur dit ce qu’ils doivent faire.

Avis sur Fast & Furious : Hobbs & Shaw

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Ils ont été les deux éléments comblant le vide laissé par Paul Walker et empêchant la franchise de tomber dans les méandres de l'indifférence. Intégrés respectivement dans Fast and Furious 5 et Fast and Furious 6, Dwayne Johnson et Jason Statham s'émancipent de Vin Diesel et font équipe dans le premier Spin off de Fast And Furious: Hobbs et Shaw, pour affronter un Idris Elba mi-Terminator, mi-Superman.

La démesure n’a jamais autant brillé que dans ce film

Nous avions déjà eu un aperçu de la répartie légendaire d’Hobbs et Shaw depuis leurs interactions dans « Fast And Furious 8 ». Ce duo a été l’unique responsable de la réussite de ce film dont l’absence ressentie du regretté Paul Walker a fait perdre au change toute l’équipe du film. On ne va pas se mentir, enlevez Statham et Johnson, question punchlines, séquence d’action et charisme des personnages principaux, c’est foireux. Pour ce spin off, pas d’équipe, plutôt un duo, plus communément appelé « Buddy movie ».

Qu’il soit sous forme de comédie, action, ou science fiction, le Buddy movie incarne toute une symbolique au sein du monde du cinéma. Deux héros aux antipodes l'un de l'autre, incapables de se comprendre doivent travailler ensemble et finissent par s’entendre et devenir potes. Des années qu’on a attendait de retrouver deux pointures du cinéma d’action faire équipe dans un buddy movie. Après Sylvester Stallone et Kurt Russell, Bruce Willis et Samuel L.Jackson, de nos jours, il était temps d’avoir enfin DEUX VRAIS grand action hero pour un duo détonnant. « Hobbs et Shaw » propose un développement différent de tout ce que nous connaissons du genre. Déjà un bon point de marqué. Le dernier buddy movie réussi incluant deux stars cantonnées au cinéma d'action date de 1995 et c’était « Une journée en enfer ».

« Hobbs et Shaw » est clairement un plaisir coupable que j’assume aimer. Pour le coup, j’envie la jeune génération de cinéphiles. Enfant, adolescent, adulte, j’ai rêvé de voir Schwarzy et Stallone en duo. J’y ai eu droit en 2013 (Evasion) sauf que je m’attendais à mieux. Je me console avec Jason Statham et Dwayne Johnson. Sincèrement, hormis les John Wick, les films d’action d’aujourd’hui, quand t’as pas un vrai castagneur dans le métier depuis des lustres, tu sais que la mayonnaise ne prendra pas. Je ne pensais pas retrouver un film d’action de qualité. Deux action hero en pleine fleur de l’âge, bourrés d’énergie et d’envie de casser du méchant.

Le fan de cinéma d’action des eighties et nineties que je suis a prit un réel plaisir à voir ses deux nouveaux action hero s’allier et mériter amplement leur place parmi les grosses pointures de l’action et là, du Buddy Movie. Autant pour Jason Statham, la version améliorée de tous les action hero réunis, la classe incarnée, c’était déjà gagné, autant pour Dwayne Johnson, c’était pour le moins incertain. Dwayne Johnson, ses rôles dans « Jumanji », « Baywatch », « Agents presque secrets », ils mettent mal en valeur le potentiel de ce digne successeur de Schwarzy. En temps qu’Hobbs, l’acteur joue un personnage à mesure de son talent arrivant à aller au-delà de son aspect mégalomane. Il est bourrin, il a un sourire lui donnant 10 points de capital sympathie, il est intelligent, il sait ce que c’est que la famille, le sens du devoir, il a un égo démesuré, il parait invulnérable et s’autoproclame sauveur de l’humanité (il a sauvé 4 fois notre monde quand même !). On s’en fou, tous les héros d’action sont comme ça.

Vous le savez, que ce soit Jason Statham, Dwayne Johnson et n'importe quel ancien ou récent action hero, l'image de chacun se joue sur la puissance et le coté « invulnérable » du personnage qu'ils interprètent. Par conséquent, ne cherchez ni cohérence, ni crédibilité dans « Hobbs et Shaw ». Coups de chaises dans la glotte, chute à grande vitesse de 20 mètres sur une paroi en verre, projection tête la première contre un élément du décor en métal, personnages principaux et secondaires, méchants ou gentils, tout le monde a la peau dure et il ne faudra pas chercher des explications au pourquoi du comment. Peut être la bouffe ?

Ce spin off sans verser dans le gore, ira loin dans les séquences d'action WTF. Aussi loin qu’un « Kingsman », parfois, peut être un peu plus. Juste la séquence de course poursuite à la verticale sur un building illustre à elle seule la volonté des scénaristes à offrir un film d’action et des héros ne se prenant pas au sérieux. Cependant, n'oublions pas que ce qui fait la renommée d’un action hero, c'est sa capacité à encaisser et toujours se relever quelque soit le niveau de blessure. « Hobbs et Shaw » ne l’oubliera pas.

Empathie, peur, souffrance physique ou psychique, que ce soit homme, femme, enfant, personne âgée, dans « Hobbs et Shaw », la faiblesse n’a pas sa place. Bon sauf quand on menace la famille. La famille, c’est très important, « Fast and Furious » y mettant à chaque fois un point d’honneur, « Hobbs et Shaw » le fait aussi MAIS de manière plus subtile et curieusement moins superficielle. Oui, les héros à l’égo de la taille de la Terre ont aussi un cœur qui bat. Et pas que lorsqu’ils ont une grosse montée d’adrénaline !

La politique de se film: se battre, ne jamais baisser les bras. Typique du « nindo » des action hero. Ici, il y a peut être pas mal de rap et hip-hop (un peu de rock), les wesh wesh, les bimbos siliconées en bikini restent là où ils sont, on s’éloigne de « Fast and Furious », on l'a joue à l'ancienne façon Gi Joe et affrontons un Idris Elba transformé en arme robotisée ne quittant jamais sa bécane téléguidable pourchassant une ancienne du MI6 s'étant injectée un virus surnommé "flocon de neige", virus capable de transformer l'intérieur de votre corps en soupe avec grumeaux.

-Tu es qui ducon?
-Oooh… . Moi je suis le distributeur automatique de branlée.

Le machisme et la mégalomanie à leur plus haut niveau

Machisme ? Mégalomanie ? Vous avez dit machisme et mégalomanie ?! Amis de la modestie, gentlemans experts en diplomatie, sensibles et petits cœurs fragiles, fuyez ce film. Ou revenez juste pour la dernière demi heure histoire d’éviter de tirer « Hobbs et Shaw » vers l’œuvre sans âme. Ici nous évoluons au sein des mâles dominants où chacun cherche à être l’alpha. Même les femmes s’y mettent. Leur jeu favori : celui qui aura la plus grande…gueule.

Hobbs et Shaw sont différents. Le style, la carrure, la vie, la mentalité, les méthodes, le code de moralité (quoique question moralité, une surprise pour Shaw supposé être un criminel). L’un moins voyant que l’autre. Toutefois là où tous deux s’accordent ce serait pour le sens de la répartie, le degré de machisme et mégalomanie. Ca fleure bon la testostérone et les pancakes. Pas les petits comparables à des blinis. Des pancakes à la dimension d’un volant de Twingo. Dwayne Johnson, si vous suivez son compte Instagram, il ne plaisante pas ni question entrainement, ni question repas. Quand il mange ses cookies et autres pancakes faits maison, il les consomme en grande quantité. Faut le nourrir ce corps musclé et faire un gros doigt d’honneur au cholestérol ! Un seul pancake avalé suffirait à vous remplir le ventre pour la journée. Si tu manges chez Dwayne, mieux vaut ne pas être diabétique, vegan ou en plein régime.

Statham lui il est plus soft, il prend soin de sa ligne. De la fiction à la réalité, il n’y a qu’un pas. Il sera donc amusant de voir la différence d’hygiène de vie de nos deux balèzes. C’est à partir de cette base là que repose toute la magie de ce film : son duo se détestant, obligé de s’allier mais incapable de résister à se balancer des vannes et enchainer les vacheries l’un sur l’autre. Rien que le montage parallèle introduisant les deux protagonistes suffit à montrer leur différence de style et ce qui nous attend dans les prochaines minutes.

« Hobbs et Shaw » peut se vanter d’une chose que bon nombres de films d’action d’aujourd’hui n’ont pas tous: le travail sur son esthétisme. On repassera sur certains CGI visibles, mais pour le reste, c’est très soigné, ça cherche à apporter son style. Les chorégraphies, la manipulation de la caméra lors des scènes de combats et fusillades, l’utilisation d’effets de ralentis intégrés quand il le faut pour amplifier la puissance des coups portés, ça pète dans tous les sens et ça le fait bien, que l’on se promène à Londres, aux USA, en Ukraine ou aux iles Samoa dire bonjour à la famille d’Hobbs.

Des grosses bagnoles et des motos moches défonçant tout, d’autres rappelant pour leur design « la série K2000 », une organisation secrète désireuse de contrôler le monde, des armes à feu, des armes High Tech utilisables seulement par empreinte digitale, quelques gadgets, des affrontements, des fusillades, des effets spéciaux, un scientifique responsable de l’enjeu de l’intrigue, un méchant charismatique et vraiment très très méchant, des héros parfaits attachants, une alchimie parfaite entre nos deux interprètes principaux, un personnage féminin, du vrai humour écrit par quelqu’un de drôle, une mini touche de glamour et d’élégance, une petite amourette (cette fois furtive), du machisme puissance 10, une menace très menaçante, c’est bon, le cahier des charges propre au cinéma d’action a été rempli, le reste n’est que du bonus. Et justement question bonus, on est servi.

Pour les Marvéliens, une certaine tête connue experte en dérision et sarcasme viendra rendre une petite visite à Dwayne Johnson le temps de 2/3 scènes. De quoi rajouter une couche d'humour déjà bien écrit (fait plutôt rare à notre époque). Dwayne Johnson étant un ancien catcheur, les fans de la WWE, plus particulièrement les admirateurs d'un certain "Big Dog" cousin dans la réalité avec Dwayne, seront ravis de voir pour la première fois Roman Reigns au cinéma. Et quelle première fois! Il ne parle peut être pas, pour le peu qu'on le voit, il dégage une sacrée présence et profite de l'occasion pour lancer à ses fans quelques clin d'œil (Superman Punch?). Voila pourquoi j’ai aimé Hobbs et Shaw. Parce qu’il récompense la fidélité des fans de Statham, The Rock, la WWE et les films d’action des eighties à base de clins d’œil.

Regardez-vous tous les deux. Le sort du monde dépend de vous et vous
êtes pas foutu de vous entendre.

Au final, un mot suffit à qualifier « Hobbs & Shaw » : démesure. Pas de la mauvaise démesure, de la BONNE démesure, pas de la mauvaise caricature des héros du cinéma d’action Hollywoodien, de la BONNE caricature parce qu’ils sont bien interprété et qu’on sait qu’ils cachent le meilleur en eux. Plus de 2heures de punchlines et situations cocasses recherchées, de scènes d'action jouissives, d'un duo moderne rappelant par moments les meilleurs duo, d’un bad guy charismatique, d’un personnage féminin en ayant suffisamment dans la culotte pour tenir tête à ce monde de mâle, de références à la pop culture, de chamailleries délirantes, et de caméos confirmant la volonté de gâter les amateurs d’action et rendre hommage à un genre devenu sans saveur. Pas le film d’action de l’année, quelques longueurs, un peu trop de CGI mais largement au dessus des derniers « Fast and Furious » si on supprimait les séquences intégrant Hobbs et Shaw. Le vrai renouveau du buddy movie ? Je dis un grand OUI. Vivement la suite.

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