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Avis sur Fast & Furious : Tokyo Drift

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S’attendre au pire est l’allié phare des bonnes surprises : davantage étrillé que ses frangins, si ce n’est son piteux prédécesseur, le troisième volet de la saga Fast and Furious vaut bien un semblant de réhabilitation. Car, oui, Tokyo Drift ne déroge pas à la règle du too much et de la bêtise ambiante, mais cela ne l’empêche aucunement de constituer un divertissement probant.

Renouant d’une certaine manière avec le plaisir coupable que suscitait le film de Rob Cohen, il s’avère même qu’il le supplante : un sentiment attenant à la dégaine d’un Sean Boswell bien plus attachant que Brian O’Conner, mais surtout à la réalisation un tant soit peu personnelle de Justin Lin, ce qui manquait cruellement auparavant. Certes, là encore rien de quoi sauter au plafond ou se pâmer avec délectation, néanmoins force est de constater que Tokyo Drift capitalise plutôt bien sur son cadre japonais.

Quoique peu consciencieux quant à l’usage de la langue nippone, les natifs alternant selon leur bon vouloir entre celle-ci et l’anglais, mais soit : cultivant une myriade de poncifs allant du yakuza (aux atours grandiloquents) au sumo menaçant, le long-métrage dote son récit d’une imagerie un tant soit peu immersive, curieuse et originale à l’échelle de la franchise. Qui plus est, Justin Lin ne se contente pas d’un rôle de faiseur surcalibré, sa mise en scène versatile étant à même d’accoucher de plans séquences probants comme de cocher la case « action ».

Entre alchimie et paradoxe, Tokyo Drift révise les fondations de Fast and Furious en adéquation avec ses spécificités japonaises, gage d’une signature qui dénote au sein d’une brochette de films que nous supposions globalement uniformes. Si le délire est bien entendu poussé très loin, d’extravagants dérapages confinant à d’improbables chorégraphies, le résultat est suffisamment surprenant pour marquer la rétine : a contrario de la seule vitesse et des muscles de ses aînés, le présent film ainsi entérine son unicité.

Nous en viendrions presque à regretter les grosses ficelles dont il se pare, son intrigue étant aussi conventionnelle que forcée : de la rencontre express avec Twinkie, la découverte tout aussi rapide du drift et les motivations fonctionnelles d’un Han indispensable au schmilblick, Tokyo Drift aurait gagné à rallonger sa durée pour mieux user de son potentiel. Car il faut bien rappeler que la bienveillance régissant ces quelques lignes découle, en réalité, de sa place au sein d’une franchise plutôt que de ses qualités intrinsèques.

S’il suscite une franche sympathie en assumant la nature beauf de Sean (entre autres choses), ce Fast ans Furious atypique est donc à sa manière aussi bas du front que les autres.

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