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Statut de film culte largement merité

Avis sur Fight Club

Avatar Fear_Of_The_Dar
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"Avec le canon d’un flingue entre les dents, on ne prononce que les voyelles."

C'est ainsi que débute le long-métrage. Fight Club, sorti en 1999, adapté du roman éponyme de Chuck Palahniuk (à tes souhaits!) et réalisé par David Fincher débute au beau milieu de la nuit, à l'étage d'un immeuble situé en plein cœur de la ville.
Un homme est attaché à une chaise, une arme dans la bouche et impuissant face à l'explosion imminente des immeubles alentours. Flashback.
Le narrateur, expert en assurances pour les accidents de voiture est un homme blasé par la vie. Il vit seul, travaille pour un patron qu'il n'apprécie guère et son seul objectif dans la vie est de réussir à se procurer tous les meubles Ikea qui lui plaisent afin de vivre dans l'appartement idéal. De plus, depuis un certain temps, il soufre d'insomnies et vit constamment dans un état de somnolence. Il mentionne le fait qu'il lui arrive de se réveiller dans des endroits improbables sans savoir pourquoi il s'y trouve tout en ayant une sensation étrange de déjà-vu.
Il trouvera un échappatoire à cette fatigue en participant à diverses thérapies de groupes victimes de pathologies plus ou moins grave. Ainsi, en observant la misère des personnes qui l'entourent et en se faisant passer lui-même pour un malade, il parvient à se libérer de son état de mal-être et à dormir sereinement la nuit.
Puis intervient Marla Singer, une personne qui comme lui participe de façon régulière à ces thérapies. Peu de temps après, son appartement est incendié et il trouvera refuge auprès de Tyler Durden, un vendeur de savon extravagant rencontré par hasard dans l'avion quelques heures auparavant. Avec Tyler, il fonde le Fight Club: un club qui consiste à extérioriser sa haine en prenant part à des combats à mains nues pour le moins très violents.

Les thèmes abordés par le film sont principalement la violence, la société de consommation et l'attitude de ces consommateurs face à l'adversité, face à une situation qui les dépasse. Les consommateurs sont incarnés ici par le narrateur (aucun nom n'est jamais mentionné, mis à part Cornelius, le nom qu'il adopte pour participer aux thérapies de groupe) et par tous les membres du fight club en général. Ce sont toutes des personnes ayant fait partis de la société de consommation, et qui cherchent un moyen d'échapper à la monotonie de la vie en se battant contre d'autres personnes comme eux. Les 3 thèmes principaux sont ainsi liés ensemble d'une certaine façon. L'érotisme est également présent dans le film, caractérisé par les personnages de Tyler Durden et de Marla Singer.
La noirceur et l'ambiance sombre présentes durant l’intégralité de Fight Club permettent une mise en abyme parfaite des thèmes traités, et la violence des combats sont de vrais électrochocs pour le spectateur, qui est amené par se poser la question suivante: comment peut-on être blasé au point d'infliger tant de mal à notre corps par le procédé de combats presque barbares? David Fincher tient à ce que l'on s'interroge sur la nécessité de tout ceci. Faut-il être à tendance anarchiste et vivre de façon totalement libérée et décomplexée ou faut-il au contraire rentrer dans le rang et mener une petite vie tranquille en participant à la société de consommation par l'achat de meubles d'appartement par exemple? La première option implique une vie à risque parfois dangereuse et la deuxième implique du savoir-vivre, de la tenue, des concessions.

Trop de réflexion tue la réflexion, passons à présent à la forme du film. Sur 2h10, le spectateur ne s'ennuie pas et se laisse porter par un scénario habile et des personnages attachants bien qu'assez perchés, une réalisation et une photographie au top ainsi que par une bande originale efficace. La performance des acteurs est plus qu'honorable, Brad Pitt, Edward Norton et Helena Bonham Carter incarnent bien leur personnage et arrivent à leur créer une certaine profondeur. Les deux stars du rock Meat Loaf et Jared Leto remplissent le job, sans toutefois faire d'étincelles. Les dialogues sont réfléchis et l'on a le droit à plusieurs bonnes petites punchlines qui font toujours leur petit effet placées au beau milieu d'une conversation entre amis.
Lors du premier visionnage, on se demande si ce que l'on est en train de regarder n'est pas l'oeuvre d'un mec complètement fou qui a pété les plombs, on ne saisit pas grand chose mais on est conscient d'assister à un truc pas ordinaire. C'est ce qu'on pourrait reprocher le plus à ce film, il n'est pas très facile d'accès et assez confus, du moins quand on le découvre. Une fois "l'épreuve" de la première lecture passée, on peut enfin se laisser porter par la force du film qui nous conduit jusqu'à un twist renversant lors du dernier quart d'heure et à un final sur fond musical des Pixies tellement classe qu'il n'y a pas de mots pour le décrire... Pour terminer, on notera que l'humour est assez présent dans le film. S'il ne procure pas l'hilarité, il est efficace et parvient à nous faire décrocher quelques ricanements à chaque fois.

Une réussite! 8,5/10

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