Le Prométhée moderne

Avis sur Frankenstein

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Je met ce titre de critique (qui est le sous-titre du roman) en hommage à Mary Shelley, jeune romancière anglaise, épouse du poète Shelley et amie de Lord Byron, dont on s'est toujours demandé comment elle avait pu concevoir une histoire aussi terrifiante en 1816, à 19 ans.
Tourné en 1931, la même année que le Dracula de Tod Browning, Frankenstein est une des dates capitales de l'histoire du film fantastique, car avec cette première adaptation, James Whale signait l'acte fondateur de l'épouvante à la Universal, entraînant par la même occasion l'éclosion de l'âge d'or hollywoodien de l'épouvante des années 30 dans ce studio. Il révéla aussi l'une de ses stars, Boris Karloff qui allait se spécialiser dans ce créneau fantastique, et pourtant son nom n'est pas mentionné au générique, remplacé par un simple point d'interrogation, c'était bien sûr destiné à préserver la surprise au spectateur qui a souvent confondu le nom de Frankenstein avec celui de la "Créature", alors que c'est bien le baron Frankenstein qui crée cette "Créature" à l'aide de morceaux de cadavres cousus.
Le maquillage horrifique conçu par Jack Pierce (qui durait presque 2h) a ainsi immortalisé le visage de Karloff avec ces cicatrices et une tête tenue par des boulons. Le genre était donc lancé, avec toute une collection d'éléments de décors faite de vieux château en ruines et d'un labo aux appareils qui semblent aujourd'hui très rudimentaires mais qui en 1931 firent leur effet, jusqu'à l'exclamation exaltante de Frankenstein qui s'écrie It's alive ! it's alive !, sans oublier le serviteur bossu. Certains de ces décors ont un aspect expressionniste qui rappellent les films muets allemands de Murnau.
Malgré tous ces paramètres, acteur, maquillage, décors lugubres, effroi, mystère et expérience scientifique, le film n'est pas totalement satisfaisant, la faute à un scénario assez maladroit et mal construit, qui est très différent du roman de Mary Shelley, de même que à part Karloff et Colin Clive, l'interprétation n'est pas toujours très convaincante. Il faudra attendre la Fiancée de Frankenstein, tourné en 1935, pour que James Whale soit plus à l'aise, on peut dire d'ailleurs que ce premier Frankenstein permet de constater à quel point parfois une ébauche peut ensuite donner naissance à un véritable chef-d'oeuvre.

A signaler qu'à l'origine, c'était Bela Lugosi qui devait jouer le monstre, mais les essais déplurent à Universal, et Lugosi ne voulait pas vraiment d'un rôle muet qui ne mettrait pas en valeur sa voix caverneuse.

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