♫♫ Il porte un chapeau rond, vive le gros con ♫♫

Avis sur French Connection

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Marseille(s), son soleil, son port, son linge qui sèche aux fenêtres, ses pubs Ricard et ses loufiats qui complotent, où tu rentres chez toi, sautillant, sifflotant, une baguette sous le bras, et où c'est un pruneau qui t'attends.

Brooklin, son froid qui pince, ses vendeurs de hot-dogs, ses bars à bamboulas, le Père Noël et Popeye. Où Brody n'est pas encore pécheur de grand requin blanc mais course des types avec de gros cheveux.

Avait-on déjà vu une filoche aussi géniale sur un écran de cinéma ? Un film entier où c'est filatures, planques, écoutes téléphoniques et des poursuites de tous les diables.
Friedkin balance un film au traitement quasi documentaire mais foutrement cinématographique, influençant, qu'écris-je, formatant la tronche du polar pour des décennies.

Ce film est tiré d'une histoire vraie et c'est une chasse.

Une chasse moderne, en somme, pour un film résolument fondateur.

Des caisses à l'ancienne, une Lincoln pour la drogue, une Pontiac pour poursuivre un métro.

Un Gene Hackman à la mèche déjà timide sur son crâne de patate qui porte un chapeau rond. Vive le gros con.
Hackman, qui explose littéralement porté par ce rôle de flic obsessionnel, raciste, violent qui ne lâche rien, jamais malgré les dommages collatéraux.
Un Roy Scheider déjà solide comme un putain de roc, suivant les intuitions de son coéquipier comme si c'était paroles d'évangiles,

« Deux faces d'une même médaille mais avec le même cœur » comme dirait Friedkin.

Marcel Bozzuffi, excellent en porte-flingue, sniper sur jardin d'enfants, amateur de croûtons de baguette de pain.
Une ribambelle de flics qui jouent des voyous et des flics (dont le vrai duo Popeye/Sunny),Tony LoBianco dans son éternel rôle de rital et Fernando Rey, l'espagnol, qui joue un fromage qui pue.

Une descente dans un bar, à deux contre quarante. Et ça file droit papa.
Attendre dans le froid qu'ils se tapent leurs escargots et leur soupe à l'oignon.
Une poursuite monumentale, modèle de tension et au montage ciselé, un incroyable accident de chasse, tu sais quand tu tires sur le cousin Yves que tu n'aimes pas, croyant voir une galinette cendrée.
Une affiche avec un meurtre dessus.

Et puis cette fin. Putain cette fin.

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