Low Budget Alchemist

Avis sur Fullmetal Alchemist : L'Étoile sacrée de Milos

Avatar Liehd
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"Courage", c'est le maître mot de ce second long métrage adapté de la licence Full Metal Alchemist.
Sa pierre philosophale, en quelque sorte.

Car du courage, il faut en avoir à revendre, sur Ebay ou sur LeBonCoin, pour oser prétendre boucler un film de deux heures avec le budget d'un épisode de série TV, ou pour confier la quasi-totalité des dessins à une équipe d'animateurs coréens débutants, bénévoles et aveugles (on est heureux de constater qu'ils ont fait des progrès depuis, Soul of Gold et Dragon Ball Super en témoignent, c'est dire la marge de progression), ou encore pour oser sortir sur grand écran une oeuvre dont 99% des dessins semblent peints avec la bouche par Masami Kurumada en personne, six ans après un Conqueror of Shamballa parfait sur le fond comme la forme.

Car si l'on doit parler échange équivalent, tenez-vous-le pour dit : vous devrez sacrifier vos deux rétines pour aller jusqu'au bout de ce laborieux étalage de médiocrité esthétique, qui est à la licence Full Metal Alchemist ce que maman Elric est à l'humanité (une fois ressuscitée, s'entend). Pour vous donner un ordre d'idée, même Nina en chimère est moins douloureuse à regarder que cette triste parodie de blockbuster au rabais. "Edward, petit grand frère, pourquoi j'ai mal ?".

Pourquoi ?
POURQUOI ?

Je vais te le dire, moi, pourquoi !

A deux ou trois séquences près (le combat final, plutôt bien troussé), le film est d'une laideur consternante, comme une sorte de flipbook réalisé par un fan-artist de 14 ans spécialisé dans le papier calque, les personnages jouent au Jenga avec les éléments de leur visage (sans doute pour faire honneur à des proportions pour le moins... approximatives), et bougent avec la grâce d'un épisode filler de DBZ (un comble, pour du full numérique). En un mot comme en deux cent mille : l'aspect technique est indigne d'un métrage destiné à la diffusion en salle, et plus encore dérivé d'un titre synonyme d'excellence.

Reste une intrigue inoffensive dans la lignée des films d'aventure post-Laputa comme il en fleurissait à tout bout de champ dans les années 80-90, avec son artefact secret, sa jeune fille poursuivie par une armée de méchants pas gentils, sa légende à double tranchant, ses contrastes entre bidonvilles industriels cradingues et cités rutilantes, ainsi que quelques twists sympatoches en réserve, même si on les voit arriver à trois kilomètres dans un grand déferlement d'éclairs rouges et bleus. Tout ça est tellement téléphoné qu'on craint pour la facture France Telecom du scénariste, qui a dû casquer grave en hors forfait. Mais bon. En dépit de ce caractère anecdotique, ça se suit bien et sans trop de déplaisir, quand on regarde les yeux fermés et en se mordant la langue jusqu'au sang. Dommage que l'humour soit aux abonnés absents et que certaines têtes d'affiche soient réduites à faire de la figuration, de la façon la plus lourdingue et la plus avilissante qui soit (Roy, Riza, Winry, Armstrong, réduits à l'état de poules de luxe, bonjour le carnage) : le film n'en sort pas grandi, et dieu sait qu'il en aurait eu besoin parce qu'en l'état, il est encore plus tout-mini-riquiqui que son personnage principal.

Quoi qu'il en soit, le but de nombreux alchimistes était de transformer le plomb en or et en cela, les responsables de ce demi-fiasco s'en font les successeurs spirituels, puisqu'ils ont su transformer l'or en plomb.

Et puis quoi ?

Il faut bien commencer quelque part, non ?

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